Des chercheurs de Yale et de la NASA découvrent que la Terre « clignote » chaque nuit : les relevés satellites révèlent une pulsation globale que personne n’avait vue

Des millions de kilomètres carrés de la Terre connaissent des changements lumineux surprenants.

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Des chercheurs de Yale et de la NASA découvrent que la Terre « clignote » chaque nuit : les relevés satellites révèlent une pulsation globale que personne n'avait vue
Des chercheurs de Yale et de la NASA découvrent que la Terre « clignote » chaque nuit : les relevés satellites révèlent une pulsation globale que personne n’avait vue © RSE Magazine

La nuit, la Terre ressemble à une mosaïque de lumières qui bougent et varient. Grâce aux dernières technologies satellitaires, une équipe de l’Université de Yale et de la NASA a repéré des changements marqués dans la luminosité nocturne de la planète, soulignant leur impact technologique. Cette découverte, publiée le 8 avril 2026 dans la revue Nature, montre une variabilité nocturne bien plus forte qu’on ne le pensait jusqu’ici. L’étude, intitulée « L’imagerie satellite révèle une volatilité croissante de l’activité humaine nocturne », s’appuie sur une analyse détaillée des données spatiales collectées entre 2014 et 2022.

Ce qu’a fait l’analyse satellite

Les chercheurs ont utilisé le programme Black Marble de la NASA, en s’appuyant sur le capteur VIIRS DNB pour mesurer la luminosité de la Terre chaque nuit, démontrant l’importance des observations satellitaires. Ce capteur, sensible sur une plage spectrale de 500 à 900 nm, a couvert la surface comprise entre 70°N et 60°S. Les images analysées représentent plus d’un million de clichés par jour, avec des pixels de 500 m. Grâce à l’algorithme VZA-COLD, les équipes ont pu suivre des variations continues de luminosité, en corrigeant les effets atmosphériques et lunaires pour obtenir des mesures fiables.

Karen Seto, de l’Université de Yale et coautrice, explique : « Cette donnée nous permet de vérifier si ce que les gouvernements disent faire se passe réellement ». Autrement dit, l’évolution de la luminosité peut servir à valider des déclarations officielles ou à surveiller des événements liés aux infrastructures énergétiques, notamment en matière d’éclairage public. L’étude invite aussi à revoir la relation entre la lumière artificielle nocturne (ALAN) et le PIB, en montrant que ce lien n’est pas strictement linéaire.

Ce que montrent les résultats et ce que ça signifie pour le monde

Les chiffres sont parlants : 3,51 millions de km² ont connu au moins un changement lumineux entre 2014 et 2022. En moyenne, chaque zone éclairée a subi 6,6 modifications sur cette période. La surface affectée par des changements brusques atteint 2,05 millions de km², tandis que celle touchée par des changements graduels totalise 19,04 millions de km². Globalement, la luminosité de la Terre a augmenté de 16 % depuis 2014. De ce gain, un éclaircissement équivaut à 34 %, et un assombrissement en a compensé 18 %.

Certaines régions montrent des tendances nettes : l’Asie de l’Est et l’Afrique subsaharienne voient leur luminosité augmenter en lien avec l’urbanisation rapide, tandis que l’Europe affiche une baisse moyenne de 4 %. La France enregistre une diminution notable de −33 %, le Royaume-Uni de −22 %, et les Pays-Bas de −21 %. L’étude pointe aussi comment des événements mondiaux, comme la guerre en Ukraine ou la crise énergétique au Venezuela, ont entraîné des baisses significatives de luminosité.

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