Pourquoi cette mer au milieu de l’Atlantique n’a aucun rivage : les océanographes expliquent comment elle flotte entre quatre courants

La mer des Sargasses, un écosystème étonnant de 3,5 millions de kilomètres carrés, est menacée par les activités humaines.

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Pourquoi cette mer au milieu de l'Atlantique n'a aucun rivage : les océanographes expliquent comment elle flotte entre quatre courants
Pourquoi cette mer au milieu de l’Atlantique n’a aucun rivage : les océanographes expliquent comment elle flotte entre quatre courants © RSE Magazine

Dans l’immensité de l’océan Atlantique, à environ 950 kilomètres de la Floride, s’étend une zone mystérieuse de 3,5 millions de kilomètres carrés. C’est la mer des Sargasses, la seule mer sur Terre sans rivage, avec ses eaux calmes coincées au milieu de courants rapides. Ce lieu intrigue autant pour son rôle dans la vie marine que pour les menaces qui pèsent sur lui.

Un paysage marin qui surprend

La mer des Sargasses est connue pour ses eaux d’un indigo profond, où flotte le Sargassum, un varech doré-brun. Ce végétal dérive en surface et forme des nattes parfois si denses qu’au temps de Christophe Colomb, les marins craignaient que leurs navires n’avancent plus. Le mot Sargassum vient du portugais sargaço, qui désigne ce type d’algue en grappes.

Ces nattes abritent tout un monde :

  • petites crevettes
  • poissons juvéniles très colorés
  • crabes porcelaine blancs

On y recense plus de 100 espèces d’invertébrés. Parmi les habitants notables, les jeunes tortues caouannes s’y planquent jusqu’à ce que leur carapace durcisse. Des requins porbeagle patrouillent dessous, des océanites de Bermudes plongent pour attraper des crevettes, et les anguilles européennes et américaines partent de sous ces nattes pour entamer leur long voyage vers les rivières intérieures.

Son rôle pour le climat et la biodiversité

Le Sargasso Sea Commission décrit ces nattes flottantes comme des « îles-habitats » qui servent de pépinières pour de nombreuses espèces juvéniles, notamment les tortues pendant leurs premiers milles de vie. Elles offrent aussi un abri aux jeunes anguilles, qui parcourent des milliers de kilomètres pour frayer avant de mourir.

Au-delà de la biodiversité, la mer des Sargasses contribue à la capture du dioxyde de carbone (CO2). Le brassage saisonnier des eaux redistribue la chaleur et le CO2, ce qui influence les conditions climatiques de l’Atlantique. L’étude de Nicholas Bates, rapportée par Earth, alerte : « L’océan est le plus chaud qu’il ait été depuis des millions et des millions d’années », un phénomène qui pourrait remanier les schémas climatiques actuels. Les températures de surface varient selon les saisons, de 27,8 à 30,0 °C en été à 17,8 à 20,0 °C en hiver.

Les menaces qui pèsent

La mer des Sargasses subit les effets des activités humaines. Environ 200 000 pièces de débris saturent chaque kilomètre carré, apportées par des courants convergents. Les hélices de navires déchirent le varech, tandis que les débris plastiques et les peintures de coques libèrent des métaux toxiques, accentuant l’impact écologique.

Par ailleurs, l’excès de prolifération des sargasses qui arrive dans les Caraïbes cause de sérieux problèmes, notamment des conséquences économiques pour les stations balnéaires.

L’industrie maritime est invitée à tester de nouvelles technologies pour réduire son empreinte et améliorer la gestion environnementale de cet environnement fragile.

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