De la vaisselle à usage unique vendue en ligne
L’action de lutte contre la pollution plastique a été engagée conjointement par France Nature Environnement (FNE) et Surfrider Foundation Europe. Les mises en demeure concernent cinq enseignes : les plateformes en ligne Amazon et Temu, ainsi que les enseignes françaises La Foir’Fouille, Métro et La Boutique du Jetable.
Il leur est reproché de continuer à proposer à la vente des gobelets, assiettes, couverts et pailles en plastique à usage unique — des produits dont la commercialisation est interdite depuis 2021 selon la réglementation française. Face à cette situation, les associations demandent le retrait immédiat de ces articles, sous peine d’amende pouvant aller jusqu’à 1 500 euros.
Des décrets pour des matériaux durables
Depuis la promulgation de la loi Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) en février 2020, complétée par plusieurs décrets, la vente de plastique à usage unique (pailles, couverts jetables, gobelets, assiettes, etc.) est progressivement interdite. Concrètement, ces interdictions visent à réduire les objets jetables fabriqués en matière plastique, en faveur de matériaux réutilisables ou compostables.
Pourtant, selon le reportage évoqué dans l’affaire, ces objets restent présents en rayon ou sur des plateformes en ligne. Les associations alertent sur la faiblesse des contrôles et la dissuasion très limitée des sanctions : « Il y a une vraie culture de l’impunité aujourd’hui de ces grandes entreprises, parce qu’il y a un manque de contrôle réalisé et les sanctions sont très peu dissuasives », dénonce une experte de FNE.
Changer les mentalités dans le commerce
La démarche des ONG s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation contre la pollution plastique — à la fois des déchets visibles et des micropolluants — et d’une exigence accrue de traçabilité et d’engagement concret de la part des distributeurs. Déjà en 2022, Surfrider, avec d’autres ONG, avait mis en demeure neuf grands groupes de distribution et agroalimentaires pour leur recours excessif au plastique et l’absence de plan de « déplastification ».
L’important est que ces actions ne visent plus seulement des géants de l’agroalimentaire ou des producteurs traditionnels, mais aussi des plateformes en ligne et des enseignes de distribution — ce qui étend le champ de la responsabilité et de l’obligation de conformité à l’ensemble du commerce. D’autant que certains secteurs, comme celui de la vaisselle jetable ou des objets plastiques pour la fête, continuent de représenter une part non négligeable des déchets plastiques générés.
Lutte contre des produits non conformes
Si les enseignes concernées ne retirent pas les produits en question sous trois mois, les associations peuvent saisir la justice, conformément à la procédure prévue. Ce type d’action pourrait, à terme, intensifier la pression sur distributeurs, e‑commerçants et fabricants pour qu’ils adoptent des alternatives durables et respectueuses de la loi.
De plus, cela pourrait renforcer la surveillance et les contrôles, notamment de la part de l’autorité compétente, DGCCRF, déjà mobilisée contre la vente de produits dangereux ou non conformes sur certaines plateformes. Enfin, l’affaire peut contribuer à sensibiliser les consommateurs — souvent ignorants de l’interdiction — sur l’impact environnemental du plastique et sur l’existence d’obligations légales.








