L’Ile-de-France accélère sa transition vers une mobilité plus respectueuse de l’environnement. L’autorité régionale des transports, Ile-de-France Mobilités (IDFM), a officialisé à la fin du mois d’octobre 2025 la signature d’un accord-cadre historique avec IVECO BUS pour la fourniture de jusqu’à 4.000 bus et cars « propres » d’ici à 2032. Cet engagement massif s’inscrit dans le cadre du plan lancé en 2016 par la présidente de la région, Valérie Pécresse, qui vise à convertir l’ensemble du parc francilien — soit plus de 10.500 véhicules — à des énergies non fossiles d’ici la prochaine décennie.
Une alliance stratégique pour une mobilité propre
Dès 2026, les premières livraisons de véhicules électriques et au biogaz rejoindront les dépôts d’Ile-de-France Mobilités. Au total, 154 bus électriques GX 337 ELEC et 415 URBANWAY GNV fonctionneront au biogaz dès les premières années du contrat, avant un déploiement progressif jusqu’en 2032. Pour Valérie Pécresse, cette commande constitue une étape décisive : « Avec cette nouvelle commande de 4.000 véhicules, nous poursuivons la révolution des transports que j’ai initiée en 2016. Nous sommes sur le point de réussir ce formidable projet de faire de l’Ile-de-France la première région à convertir l’ensemble de ses bus et cars avec des énergies propres », a déclaré Valérie Pécresse.
Les accords signés entre IDFM, IVECO BUS et la Centrale d’Achat du Transport Public (CATP) portent sur trois catégories de véhicules : des bus standards de 12 mètres entièrement électriques, des bus de 12 et 18 mètres alimentés au biogaz, et des autocars interurbains de 12 mètres eux aussi conçus pour fonctionner au biométhane. Ces modèles s’inscrivent dans une logique de neutralité technologique, permettant d’adapter les motorisations aux besoins des différents territoires. Dans les zones urbaines denses, les bus électriques prendront le relais du diesel, tandis que les lignes interurbaines à plus longue distance miseront sur le biogaz, issu majoritairement de déchets organiques.
Au-delà de la réduction des émissions, les nouveaux bus promettent aussi une amélioration du confort et de la sécurité. Tous seront équipés des derniers systèmes d’aide à la conduite ADAS, qui permettent une meilleure assistance au conducteur et une diminution des risques d’accident. La directrice générale d’IVECO France, Solène Grange, s’est félicitée de ce partenariat : « C’est la reconnaissance de la pertinence de nos solutions électriques et au biogaz pour le mix d’énergies propres de la région francilienne ». L’entreprise, qui détient environ 20% de part de marché sur les bus à énergies alternatives en Europe, consolide ainsi son rôle de leader sur le segment des transports publics décarbonés.
L’Ile-de-France, laboratoire européen du bus propre
Depuis 2016, IDFM a engagé le plus vaste plan de renouvellement de flotte au monde. Sur les 10.500 bus franciliens, plus de 5.000 roulent déjà grâce à des motorisations dites propres : environ 2.700 fonctionnent au biométhane, 1.100 à l’électricité, et plus de 1.300 sont hybrides. Deux bus à hydrogène sont déjà en circulation, et 47 autres devraient suivre d’ici 2027. L’objectif fixé par la région est d’atteindre 100% de bus propres d’ici 2029, avec une marge d’ajustement jusqu’en 2032 pour certaines zones périphériques.
L’investissement global est à la mesure de l’ambition : près de 5,7 milliards d’euros seront mobilisés d’ici la fin de la décennie pour financer l’achat de véhicules, la modernisation des dépôts et la mise en place des infrastructures de recharge. Cette politique volontariste vise à réduire drastiquement les émissions de CO₂ du secteur des transports, responsable de près de 30% des émissions régionales. En parallèle, la Centrale d’Achat du Transport Public joue un rôle clé en mutualisant les achats pour obtenir de meilleures conditions économiques, une stratégie qui profite à l’ensemble des collectivités françaises engagées dans la transition énergétique.
Une transition industrielle et écologique
Cette commande colossale marque aussi un signal fort pour la filière industrielle française. Les modèles GX 337 ELEC et URBANWAY GNV sont conçus et assemblés dans les usines IVECO BUS d’Annonay et de Rorthais, en France. Ce choix contribue à maintenir des emplois dans l’Hexagone tout en soutenant une chaîne d’approvisionnement européenne. Selon Solène Grange, cette collaboration « pérennise une filière industrielle française compétitive et durable ».
Pour IDFM, les bus propres représentent bien plus qu’un outil de transport : ils incarnent la transformation écologique d’un service public essentiel, conciliant performance énergétique, réduction du bruit et amélioration de la qualité de l’air. Si le défi logistique reste immense — avec notamment la nécessité d’adapter plus de 70 dépôts pour accueillir les nouvelles motorisations —, la trajectoire semble désormais irréversible. La région capitale se positionne comme un véritable laboratoire européen de la mobilité décarbonée, où électrique et biogaz cohabitent au service d’un objectif commun : offrir à dix millions d’habitants des transports collectifs toujours plus durables.








