La montée des océans inquiète de plus en plus à travers le monde, en partie à cause du ralentissement des courants marins. Ce phénomène, qui découle des changements du climat, touche de près les populations des zones côtières, la vie marine et l’économie mondiale. Examiner son histoire, ses causes récentes et ses perspectives futures est indispensable pour mieux se préparer et limiter ses conséquences.
Le passé et le climat
Au fil des âges, le niveau des mers a varié en fonction des cycles climatiques naturels. Pendant les ères glaciaires, une grande quantité d’eau était stockée dans les calottes, ce qui faisait baisser le niveau des océans jusqu’à 130 mètres en dessous d’aujourd’hui. À l’inverse, lors des interglaciaires plus chauds, la fonte des glaces faisait grimper le niveau de manière notable. Il y a environ 125 000 ans, le niveau des mers dépassait de 5 à 10 mètres celui d’aujourd’hui, avec une température supérieure de 0,5 à 1,5 °C par rapport à l’époque préindustrielle. De même, il y a 3 millions d’années, un réchauffement de 2,5 à 4 °C se traduisait par une hausse des océans comprise entre 5 et 25 mètres.
Depuis environ 5 000 ans, le niveau des mers était assez stable jusqu’à la révolution industrielle. Toutefois, dès 1863, certaines côtes de l’Atlantique américain remarquaient déjà une augmentation, tendance qui s’est accélérée à partir des années 1990.
L’évolution récente et vers où ça va
Depuis le début du 19ᵉ siècle, le niveau moyen de la mer s’est levé de 25 cm, dont 11 cm seulement depuis 1993. Ce phénomène s’explique par plusieurs raisons, notamment la fonte des glaciers, qui contribue significativement à l’élévation du niveau marin. Depuis 2013, cette augmentation est à un rythme jamais vu depuis au moins 3 000 ans.
Les prévisions pour l’avenir ne sont pas rassurantes. Le GIEC estime que, dans le scénario SSP5-8.5, le niveau de la mer pourrait monter jusqu’à 77 cm d’ici 2100. Certaines recherches évoquent même une hausse pouvant atteindre 2 mètres avant la fin du siècle.
Des différences d’une région à l’autre
La montée des océans ne se fait pas de manière uniforme partout dans le monde, comme le montre l’augmentation de la température de la Méditerranée. Par exemple, la mer Noire s’élève de 1,7 mm par an, la Méditerranée de 2,5 mm et la mer Baltique de 4,5 mm chaque année. Ces écarts rendent la situation encore plus complexe pour certaines régions.
À l’échelle mondiale, près d’un milliard d’habitants pourraient être menacés par cette hausse. L’Asie, avec ses vastes zones côtières densément peuplées, est particulièrement en danger face aux inondations annuelles. En France, des villes comme Anglet, Bordeaux et Nice subissent déjà une menace directe.
Le climat de demain et nos mesures à prendre
Les scénarios pour demain dépendront largement de nos efforts collectifs pour limiter les gaz à effet de serre. Respecter l’Accord de Paris pourrait freiner l’augmentation des températures à 1,5 °C. Même dans ce cas, environ un demi-milliard de personnes vivraient régulièrement dans des villes inondées, et un réchauffement supérieur toucherait encore plus durement les populations urbaines.
Des mesures importantes s’imposent pour protéger les habitants des zones côtières et préserver notre patrimoine culturel face à la montée des eaux. D’après Climate Central, si l’on ne réduit pas rapidement nos émissions actuelles, jusqu’à 40 millions de personnes de plus pourraient se retrouver sous l’eau chaque année d’ici 2100.








