Une avancée notable dans l’exploration des fonds marins a récemment permis d’identifier trois nouvelles espèces de poissons‑escargots, jusque-là inconnues des scientifiques. Cette découverte, publiée dans la revue Ichthyology and Herpetology, met en lumière la biodiversité inattendue sous‑marine, rendue accessible par les progrès technologiques en exploration océanique. L’annonce rappelle combien il est important de mieux comprendre les écosystèmes marins pour notre planète.
Une expédition qui a porté ses fruits
L’expédition scientifique s’est focalisée sur le plancher abyssal au large de la Californie et a abouti à la description de trois nouvelles espèces de snailfish. Parmi elles, le bumpy snailfish, scientifiquement nommé Careproctus colliculi, est particulièrement mis en avant. Ces découvertes ont été possibles grâce à des technologies sous‑marines avancées, notamment le ROV Doc Ricketts (ROV : véhicule téléopéré) et le submersible Alvin, employés lors de l’expédition.
Parmi les institutions impliquées figurent le Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI), qui a développé les technologies utilisées, ainsi que la State University of New York at Geneseo (SUNY Geneseo), où Mackenzie Gerringer, professeure associée spécialisée dans la physiologie et l’écologie des grands fonds, a joué un rôle clé. Les Universités de Montana et Hawai’i at Mānoa ont aussi contribué aux recherches.
Collecte des spécimens et caractéristiques observées
Les spécimens ont été prélevés sur deux sites principaux : Station M, située à environ 209 km au large de la côte de Californie, où deux poissons ont été collectés à une profondeur de 4 119 m, et les extrémités du Monterey Canyon, où un troisième poisson a été collecté à 100 km au large de la Californie centrale à 3 268 m de profondeur. Ce dernier, une femelle adulte mesurant 9,2 cm, a été observé nageant au‑dessus du plancher abyssal.
Les analyses en laboratoire ont reposé sur des méthodes de pointe : microscopie, micro‑tomographie informatisée, mesures morphométriques précises et séquençage de l’ADN. Ces approches ont fourni des données détaillées sur la taille, la forme et les traits physiques des poissons, comparées ensuite à celles des snailfish déjà connus. Les résultats confirment que chacun de ces spécimens est nouveau pour la science et s’ajoute à la famille des Liparidae, qui compte déjà plus de 400 espèces décrites à travers le monde, occupant divers habitats océaniques.
Ce que ça apporte pour la science et l’écologie
Cette découverte montre l’intérêt de la taxonomie pour mieux connaître les organismes qui partagent la planète avec nous. Mackenzie Gerringer a déclaré : « Les grands fonds marins abritent une incroyable diversité d’organismes et une véritable et magnifique gamme d’adaptation extrême« , soulignant combien il reste à apprendre. Les méthodologies combinant identification morphologique et génétique se révèlent indispensables, surtout pour des espèces cryptiques comme celles collectées à Station M, dont les morphologies externes se ressemblent fortement.





