Un nouvel outil pour mesurer les répercussions écologiques des vêtements

Saviez-vous que la mode génère déjà 8 % des émissions de gaz à effet de serre ?

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Alerte pollution : vos habits sont bien plus toxiques que vous ne le croyez
Un nouvel outil pour mesurer les répercussions écologiques des vêtements © RSE Magazine

Le gouvernement français a récemment lancé un dispositif innovant nommé Ecobalyse pour évaluer les retombées environnementales des vêtements. Inspiré du célèbre Nutriscore, ce système a pour but de sensibiliser le public aux coûts écologiques des habits, surtout ceux de la fast fashion. Alors que l’industrie de la mode est souvent assujettie à des critiques pour ses pratiques pas très vertes, Ecobalyse pourrait bien chambouler la donne.

La mode et ses responsabilités

Le secteur textile se retrouve dans le collimateur à cause de ses conséquences sur l’environnement, renforcées par la réglementation textile récente. Avec la montée de la fast fashion, les vêtements font souvent un trajet d’environ 9 000 km avant d’atterrir chez vous. En moyenne, les Français se procurent 48 nouvelles pièces par an, soit une hausse de 40 % par rapport à il y a quinze ans. Cette frénésie d’achat génère 8 % des émissions de gaz à effet de serre liées au textile – un chiffre qui pourrait atteindre 20 % d’ici vingt ans si rien n’est fait.

Comment marche Ecobalyse ?

Ecobalyse attribue à chaque vêtement une note numérique pour signaler ses retombées écologiques. Ce score repose sur la méthode PEF (Environmental Footprint Methods) que recommande l’Union européenne. Le calcul s’appuie sur 16 critères distincts, comme l’utilisation des ressources fossiles, la consommation d’eau, les émissions de carbone ainsi que les phases de teinture et de confection. Par exemple, un tee-shirt en coton bio fabriqué en France se voit attribuer un score de 845, tandis qu’un tee-shirt en polyester produit en Asie avec un faible coefficient de durabilité atteint 1 252.

Les objectifs et la mise en place

Le but principal d’Ecobalyse est d’encourager les consommateurs à privilégier des vêtements ayant de faibles retombées écologiques, tout en incitant les industriels à revoir leurs pratiques d’écoconception, similaire à l’indice de durabilité pour les produits électroménagers. Le dispositif sera officiellement lancé le 1er juillet 2025, après avoir été validé par la Commission Européenne le 15 mai 2025. Par contre, son succès pourrait être limité, puisque son adoption repose sur le volontariat des marques.

Les atouts et les limites du dispositif

Même s’il s’annonce prometteur, Ecobalyse n’est pas sans failles. Fonctionnant sur la base du volontariat, il risque de ne pas être adopté par toutes les marques. En avril 2024, une phase de test a rassemblé une cinquantaine de marques comme Kiabi, Decathlon, Ba&sh, Sandro et Maje. On envisage également d’appliquer des taxes sur les colis expédiés depuis la Chine par des plateformes telles que Shein et Temu pour lutter contre l’ultra fast fashion.

Les acteurs derrière le dispositif

La Commission Européenne a joué un rôle central dans la validation du projet réglementaire d’Ecobalyse. L’ADEME a aussi participé activement au développement du dispositif. Les plateformes chinoises Shein et Temu sont clairement ciblées pour d’éventuelles mesures visant à réduire les retombées environnementales du secteur textile.

Agnès Pannier-Runacher a déclaré : « Le projet de cadre réglementaire relatif à l’affichage volontaire du coût environnemental des vêtements a été validé le 15 mai 2025 par la Commission européenne ».

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