Le 18 mars 2025, la Mairie de Paris a dévoilé un projet d’énergie renouvelable qui devrait profondément remodeler la perception du cœur du quartier des Halles. Avec l’installation programmée de 1 200 panneaux photovoltaïques sur le toit de la Canopée, la capitale mise sur une modernisation énergétique symbolique, inscrite dans son « plan climat », et entend ainsi affirmer un cap clair : accroître l’autonomie énergétique d’ici 2050.
Paris place l’énergie au sommet de la Canopée
Dix ans après l’inauguration controversée de la Canopée en 2016, la structure s’apprête à connaître une seconde vie. Si l’aspect monumental du bâtiment avait suscité de nombreux débats, son toit deviendra bientôt la plus grande centrale solaire du centre de Paris, selon les déclarations de la maire Anne Hidalgo dans un post publié le 25 avril 2025 sur LinkedIn : « La Canopée des Halles va devenir la plus grande centrale solaire du centre de Paris. Elle deviendra la centrale solaire la plus productive de tout Paris. »
Concrètement, 2 200 m² de panneaux seront déployés, soit près du tiers de la surface totale du toit, initialement conçue avec cette possibilité par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti. Le chantier, d’un montant de 715 000 euros, sera mené entre septembre et décembre 2025, pour une mise en service début 2026. La Ville estime que les coûts seront amortis en dix ans.
Panneaux solaires et autonomie énergétique : une utopie réaliste ?
Les panneaux photovoltaïques généreront une électricité destinée à l’autoconsommation des quatre bâtiments publics situés sous la Canopée — la médiathèque, le conservatoire, La Place (centre culturel de hip-hop) et la Maison des pratiques artistiques amateurs. Selon Dan Lert, adjoint à la Maire chargé de l’énergie, « l’énergie solaire produite sera autoconsommée à hauteur de 20 % dans les quatre bâtiments publics qui sont situés en dessous de la Canopée ».
Cela représente 15 % de la production solaire issue des équipements publics parisiens, selon les estimations actuelles. Un chiffre modeste, certes, mais stratégique dans la vision à long terme de la Ville : atteindre 20 % de consommation d’origine renouvelable, produite localement, d’ici 2050, contre 7 % aujourd’hui.
Ceux qui redoutaient une pollution visuelle en seront pour leurs frais. Les panneaux noirs, sur mesure, seront invisibles depuis le sol, anti-reflet et compatibles avec les contraintes patrimoniales du centre historique de Paris. Lors de la réunion publique du 18 mars 2025, organisée par la Mairie et PariSeine (société d’économie mixte en charge du projet), les riverains ont interrogé les responsables sur les nuisances potentielles.
Au-delà des chiffres, une question se pose : ce projet sera-t-il réplicable ailleurs dans la capitale ? À l’heure où Paris a enregistré 1 502 heures d’ensoleillement en 2024 — un niveau modeste comparé aux métropoles du sud —, l’optimisation de surfaces disponibles devient cruciale. La Canopée était un choix “facile”, puisque les zones opaques du toit étaient déjà prêtes à accueillir des panneaux. Mais qu’en est-il des autres bâtiments publics ? Peu nombreux sont ceux qui cumulent accessibilité, orientation adéquate, et absence d’obstacles juridiques ou esthétiques.








