Réalisée entre le 21 et le 28 février 2025 auprès de 2 000 salariés français actifs détenteurs de titres-restaurant, l’étude commandée par Openeat à l’institut Selvitys dresse un état des lieux inédit de l’utilisation, des perceptions et des attentes liées aux titres-restaurant. Derrière un usage quotidien, souvent routinier, apparaissent des demandes plus profondes, liées au rapport au travail, à l’autonomie salariale et à la reconnaissance sociale.
Un outil de rémunération perçu comme essentiel dans la relation employeur-employé
Les titres-restaurant ne relèvent plus d’un simple « plus », mais sont désormais intégrés par les salariés comme un élément à part entière de leur rémunération globale. D’après l’enquête, 74 % des répondants considèrent le titre-restaurant comme un élément important de leur rémunération, tandis que 84 % le qualifient d’avantage social essentiel.
Ces chiffres traduisent une reconnaissance implicite du rôle de l’employeur dans le soutien quotidien au pouvoir d’achat. Pour 81 % des salariés interrogés, le titre-restaurant améliore concrètement ce pouvoir d’achat, et 78 % l’utilisent pour faire leurs courses alimentaires. La démocratisation de leur usage dans les grandes et moyennes surfaces, suite à la dérogation entrée en vigueur le 18 août 2022 et prolongée jusqu’en 2026, a renforcé ce sentiment d’utilité.
Mais ce lien avec l’employeur va plus loin. 72 % des salariés affirment que la possibilité de bénéficier de titres-restaurant peut influencer leur choix d’un employeur. Une dimension parfois négligée : dans un contexte de forte tension sur le recrutement, la politique d’avantages sociaux pèse désormais sur l’attractivité et la fidélisation.
Des attentes de flexibilité insuffisamment prises en compte à ce jour
Un constat majeur de l’étude réside dans le manque de personnalisation du dispositif. Seuls 16 % des répondants titulaires d’une carte titres-restaurant déclarent pouvoir modifier le montant ou le nombre de titres qu’ils perçoivent chaque mois. Pourtant, parmi ceux qui n’y ont pas accès, 54 % souhaiteraient pouvoir le faire. Cette attente traduit une demande croissante de flexibilité dans les avantages sociaux, en phase avec la diversité des modes de vie et des contraintes professionnelles.
Autre exemple significatif : l’utilisation des titres en télétravail reste marginale. 39 % des salariés en situation de télétravail déclarent ne pas les utiliser dans ce contexte, principalement parce qu’ils cuisinent eux-mêmes (84 %) ou n’ont pas de commerces compatibles à proximité. Cela suggère une inadéquation entre la conception actuelle du dispositif et la réalité du travail hybride.
Une digitalisation bien acceptée mais encore imparfaite
La transition vers les titres-restaurant dématérialisés est en grande partie engagée. 72 % des salariés utilisent aujourd’hui une carte, et cette proportion atteint 82 % dans les grandes entreprises. Le ressenti est majoritairement positif : 57 % des utilisateurs apprécient la disparition du risque de perte ou de vol, et 55 % la rapidité d’utilisation grâce au sans-contact et à la visualisation du solde.
Cependant, des zones de friction subsistent. 47 % des répondants pointent le plafond journalier de 25 euros, jugé trop bas dans de nombreux cas. 44 % regrettent que leur carte ne soit pas acceptée dans tous les commerces.
Autre donnée révélatrice, 14 % des utilisateurs de carte souhaiteraient revenir au papier, principalement pour des raisons de praticité dans la transmission à leurs proches ou face à des refus de paiement.








