Dépôts de brevets en 2024 : dix géants en tête et les PME dans la course

La présence croissante des ETI et des PME dans les hautes sphères du palmarès de l’INPI suggère une évolution lente mais tangible vers une diversification des contributeurs à l’innovation nationale.

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Dépôts de brevets en 2024 : dix géants en tête et les PME dans la course © RSE Magazine

Ils s’appellent Stellantis, Safran, L’Oréal ou Valeo. Ils conçoivent des voitures, des avions, des soins capillaires. Et ils déposent, chaque année, des centaines de brevets. En 2024, la carte de l’innovation française s’est redessinée au fil des déclarations de propriété industrielle. En observant le classement de l’INPI, une certitude s’impose : l’inventivité est devenue l’un des champs de bataille les plus décisifs pour l’économie française.

Les dix entreprises françaises championnes des brevets

L’année 2024 a enregistré 15 458 dépôts de brevets auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). Ce chiffre, quasi stable (-0,7 %), masque une intense compétition entre acteurs industriels. Le podium, comme le top 10, est dominé par des entreprises bien ancrées dans les dynamiques de recherche et développement.

En première position, Stellantis conserve sa place de leader avec 1 289 brevets déposés. Le groupe automobile, né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, confirme sa stratégie d’innovation consolidée, avec un volume en légère hausse par rapport aux années précédentes. Safran, acteur central de l’aéronautique, suit de près avec 1 216 dépôts. Ce duo de tête devance un entrant inattendu : L’Oréal, troisième avec 740 brevets, soit une progression spectaculaire de 30 % sur un an.

Derrière ce trio, le classement s’articule autour de géants industriels bien établis :

  • Groupe Valeo (612),
  • CEA – Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (598),
  • Renault Group (587),
  • CNRS – Centre national de la recherche scientifique (393),
  • Airbus (301),
  • Thales (266),
  • Michelin (241).

Ces dix groupes représentent à eux seuls une part conséquente des dépôts nationaux. Ils incarnent des secteurs variés – automobile, aéronautique, recherche publique, cosmétique, défense, pneumatique – et traduisent une structuration de l’innovation autour de grands pôles industriels.

L’effet de seuil : quand les ETI s’installent dans la cartographie de l’innovation

Si le classement des dix premiers est dominé par des grandes entreprises, l’INPI note la présence remarquée de plusieurs entreprises de taille intermédiaire (ETI) dans le top 50. Soitec (22e), Gaztransport et Technigaz – GTT (23e), ou encore Automotive Cells Company – ACC (36e) figurent parmi les sociétés ayant déposé un nombre significatif de brevets.

Ces ETI montrent leur capacité à concurrencer les poids lourds sur le terrain de la propriété intellectuelle, malgré des effectifs et des ressources R&D plus restreints. Elles se distinguent par une spécialisation forte dans des secteurs techniques de pointe – composants électroniques, technologies maritimes, batteries – et jouent un rôle moteur dans l’écosystème de l’innovation française.

Deux PME dans le top 50 : une première dans l’histoire du palmarès INPI

L’édition 2024 marque une inflexion historique : deux PME, Genvia et Verkor, intègrent pour la première fois le classement des 50 premiers déposants. Genvia se hisse à la 44e place, Verkor à la 47e. Ces sociétés, toutes deux engagées dans les technologies liées aux batteries, traduisent une montée en puissance des petites structures dans le dépôt de brevets.

L’INPI recense 2 510 brevets déposés par 1 677 PME en 2024, soit une progression de 2 % par rapport à 2023. Si leur poids relatif reste modeste à l’échelle nationale, leur présence dans le haut du classement témoigne d’une dynamique entrepreneuriale réelle. Elle confirme que la propriété industrielle est désormais perçue comme un levier stratégique pour sécuriser les actifs technologiques et renforcer la compétitivité.

Dépôts de brevets : un écosystème encore concentré, mais plus poreux

Les 20 premiers déposants concentrent à eux seuls 53 % des dépôts de brevets effectués en France en 2024. Le top 50 en représente 62 %. Cette structure démontre que l’innovation reste très polarisée, avec un nombre restreint d’acteurs captant la majorité des dépôts. Mais la présence croissante des ETI et des PME dans les hautes sphères du palmarès suggère une évolution lente mais tangible vers une diversification des contributeurs à l’innovation nationale.

Quant aux établissements publics, ils restent très présents dans le top 50, à l’image du CEA, CNRS, Inserm, ou encore de plusieurs universités. Le CEA, notamment, se distingue par une double performance : cinquième déposant national, il figure aussi parmi les plus grands titulaires de brevets en vigueur. Une reconnaissance de son rôle central dans la valorisation scientifique et industrielle.

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