La Semaine de l’Entreprise Responsable revient en 2026 avec une formule profondément renouvelée. Exit le rendez-vous concentré sur quelques jours : place à une série de rencontres organisées dans les territoires afin de rapprocher les entreprises des enjeux concrets de responsabilité sociétale et d’inclusion. Un changement d’échelle qui promet des échanges davantage ancrés dans les réalités locales.
La Semaine de l’Entreprise Responsable mise sur les territoires pour rapprocher les entreprises
La Semaine de l’Entreprise Responsable ouvre une nouvelle page de son histoire. Pour sa septième édition, le rendez-vous porté par l’Association française des Managers de la Diversité (AFMD) et le MEDEF abandonne son format traditionnel pour devenir un parcours de rencontres réparties sur plusieurs semaines et dans plusieurs régions françaises. Le lancement officiel est intervenu à Nancy en juin 2026, avant une série d’événements programmés à partir du 8 septembre et une restitution nationale prévue en octobre à Paris, selon les organisateurs.
Cette évolution ne relève pas d’un simple changement de calendrier. Elle traduit une volonté de rapprocher les échanges des préoccupations quotidiennes des entreprises, en particulier des PME et des ETI, confrontées à des défis très différents selon leur territoire, leur secteur d’activité ou leur bassin d’emploi. L’objectif affiché est de transformer les politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et d’égalité, diversité et inclusion (EDI) en leviers opérationnels de développement économique, de recrutement et d’attractivité.
Depuis sa création en 2020, la manifestation s’est progressivement imposée comme l’un des principaux rendez-vous français consacrés aux enjeux de diversité, d’inclusion et de responsabilité sociétale. Selon le MEDEF, près de 19.000 participants ont pris part aux différentes éditions, qui ont donné lieu à environ 400 rencontres organisées avec le concours de 500 partenaires. Ces chiffres témoignent d’un intérêt croissant des acteurs économiques pour des sujets longtemps considérés comme périphériques mais désormais intégrés aux stratégies de compétitivité.
Les organisateurs estiment toutefois qu’un événement national unique ne permettait plus de répondre à la diversité des attentes exprimées sur le terrain. C’est pourquoi la Semaine de l’Entreprise Responsable devient en 2026 une succession de six rencontres territoriales. Chacune d’elles doit permettre de mettre en lumière les réalités locales, les initiatives déjà engagées par les employeurs et les difficultés spécifiques rencontrées dans différents contextes économiques. Les enseignements recueillis alimenteront ensuite une restitution nationale destinée à dégager des pistes d’action communes.
Cette approche s’inscrit dans une logique de co-construction. Les rencontres réuniront non seulement des dirigeants d’entreprise, mais également des collectivités territoriales, des associations, des établissements d’enseignement supérieur, des chercheurs, des représentants de l’État et différents réseaux professionnels. L’ambition consiste à favoriser le partage d’expériences entre acteurs qui travaillent rarement ensemble alors qu’ils poursuivent souvent les mêmes objectifs en matière d’inclusion, d’emploi ou de développement territorial.
Le thème retenu cette année illustre cette orientation. Les organisateurs proposent de « s’inspirer des territoires pour une économie responsable et inclusive », en mettant l’accent sur les besoins concrets des employeurs, les initiatives reproductibles et les coopérations locales susceptibles d’accélérer les transformations sociales au sein des organisations.
La Semaine de l’Entreprise Responsable explore les nouveaux défis de la RSE dans les entreprises
L’annonce de la première grande rencontre, qui sera organisée à Marseille le 8 septembre 2026, donne un aperçu des sujets qui rythmeront cette édition. Le programme privilégie des formats interactifs articulant conférences, tables rondes, ateliers collaboratifs et espaces de mise en relation entre entreprises, partenaires institutionnels et associations. Cette diversité traduit la volonté de dépasser les approches purement théoriques pour favoriser la diffusion de solutions directement mobilisables par les employeurs.
Plusieurs ateliers aborderont ainsi des enjeux qui prennent une importance croissante dans les politiques de ressources humaines. Les questions liées au handicap et aux neuroatypies en entreprise occuperont une place importante, tout comme les nouvelles attentes autour de l’égalité professionnelle ou encore le développement des entreprises à mission. Derrière ces thématiques se dessine une évolution profonde de la RSE, désormais perçue comme un facteur d’innovation organisationnelle autant que comme une exigence réglementaire.
Les échanges devraient également mettre en évidence les liens de plus en plus étroits entre responsabilité sociétale, attractivité des employeurs et performance économique. Pour de nombreuses entreprises, notamment les PME confrontées à des difficultés de recrutement, les politiques d’inclusion deviennent progressivement un levier de différenciation. Elles contribuent à attirer de nouveaux profils, à fidéliser les collaborateurs et à renforcer l’engagement des équipes, tout en améliorant l’image de l’organisation auprès de ses clients et de ses partenaires.
Au-delà des conférences, les organisateurs souhaitent faire émerger des retours d’expérience directement issus du terrain. Les entreprises invitées seront amenées à présenter des démarches concrètes, des expérimentations locales et des partenariats développés avec les acteurs de leur territoire. Cette mise en avant des bonnes pratiques constitue l’un des fils conducteurs de cette nouvelle formule, qui entend privilégier les solutions applicables plutôt que les grands principes théoriques.
Les entreprises au cÅ“ur d’une dynamique d’apprentissage collectif
Après Marseille, la Semaine de l’Entreprise Responsable poursuivra son parcours dans cinq autres territoires avant de réunir l’ensemble des enseignements lors d’une restitution nationale organisée à Paris en octobre 2026. Cette organisation progressive constitue l’une des principales innovations de l’édition 2026. Au lieu de juxtaposer des conférences indépendantes, les organisateurs souhaitent construire un dialogue continu entre les territoires afin d’identifier les pratiques qui produisent des résultats concrets.
Cette logique répond à un constat largement partagé dans le monde de la RSE : les solutions efficaces sont souvent fortement liées au contexte local. Les problématiques d’emploi, de mobilité, d’accès à la formation ou encore d’inclusion diffèrent selon qu’une entreprise évolue dans une métropole, un territoire rural ou un bassin industriel. En donnant davantage de place aux réalités de terrain, la SERI ambitionne de faire émerger des réponses plus directement transposables par les employeurs.
Les organisateurs accordent également une attention particulière aux PME et aux ETI, souvent moins dotées en ressources que les grands groupes pour structurer leurs politiques de responsabilité sociétale. Les rencontres territoriales doivent leur permettre d’accéder à des retours d’expérience, à des outils opérationnels et à des réseaux d’acteurs susceptibles d’accélérer leurs démarches. Cette orientation traduit une évolution importante de la RSE, qui ne se limite plus aux grandes entreprises soumises à des obligations de reporting, mais concerne désormais l’ensemble du tissu économique.
Les échanges ne porteront d’ailleurs pas uniquement sur les politiques de diversité ou de handicap. Les différentes rencontres exploreront également les questions de gouvernance, de coopération entre acteurs économiques, d’ancrage territorial, d’attractivité des métiers et de transformation des organisations. L’objectif est de montrer que la responsabilité sociétale constitue un ensemble cohérent de pratiques susceptibles de renforcer simultanément la performance économique, la qualité de vie au travail et l’impact social des entreprises.
La Semaine de l’Entreprise Responsable veut faire émerger des solutions reproductibles dans les entreprises
Au-delà de son nouveau calendrier, cette septième édition traduit une évolution plus profonde de la manière d’aborder la responsabilité sociétale. Depuis plusieurs années, les entreprises sont confrontées à une multiplication des exigences réglementaires, des attentes des salariés et des demandes des investisseurs en matière d’environnement, de gouvernance et d’inclusion. Dans ce contexte, les démarches RSE ne peuvent plus se limiter à des engagements de principe ; elles doivent produire des effets mesurables sur le fonctionnement quotidien des organisations.
C’est précisément ce que souhaitent encourager l’AFMD et le MEDEF. Les organisateurs mettent l’accent sur l’identification de bonnes pratiques reproductibles, capables d’être adaptées à différents secteurs d’activité. Les retours d’expérience présentés lors des rencontres doivent ainsi permettre aux entreprises de repartir avec des idées concrètes plutôt qu’avec un simple état des lieux des enjeux de société.
Cette approche explique également la diversité des profils invités à intervenir tout au long de la SERI. Aux côtés des dirigeants d’entreprise figurent des représentants des collectivités territoriales, des établissements d’enseignement supérieur, des associations, des services de l’État, des chercheurs et de nombreux réseaux professionnels. En croisant ces regards, les organisateurs espèrent favoriser l’émergence de coopérations durables entre acteurs qui partagent des objectifs communs mais disposent de compétences complémentaires.
L’édition 2026 apparaît ainsi comme un laboratoire de pratiques plus que comme un cycle de conférences. Les six rencontres territoriales, enrichies par les contributions des entreprises et des partenaires locaux, doivent alimenter une synthèse nationale destinée à mettre en lumière les besoins exprimés sur le terrain ainsi que les leviers les plus efficaces pour accélérer la diffusion d’une économie plus responsable et plus inclusive.

