Le 9ᵉ rapport Copernicus sur l’état de l’océan, publié le 30 septembre 2025 par l’ONG Mercator Ocean International pour le compte de la Commission européenne, fait le point sur les défis énormes que rencontrent nos mers. Fruit du travail de plus de 70 experts, ce document s’inscrit dans le programme d’observation de l’état de la Terre de l’Union européenne, piloté par le service Copernicus Marine. Les résultats sont préoccupants et montrent que nos océans subissent une « triple crise planétaire » : le réchauffement climatique, la disparition de biodiversité et la pollution.
Changement climatique : des températures records
Nos océans se réchauffent à toute vitesse, la surface des mers ayant atteint 21 °C au printemps 2024. Ce phénomène s’est accentué avec des épisodes de canicules marines exceptionnels enregistrés en 2023 et 2024, qui ont dépassé les précédents records de près d’un quart de degré. Ces hausses de température perturbent la production alimentaire, bouleversent les écosystèmes marins et dérangent les économies des zones côtières, affectant ainsi la biodiversité marine. Les experts soulignent que « l’océan se réchauffe toujours plus vite », mettant en péril les communautés qui dépendent directement de ses ressources.
Des écosystèmes en péril
Le réchauffement des eaux favorise aussi la prolifération d’espèces invasives, ce qui dérègle les équilibres locaux. Un exemple parlant concerne les crabes bleus qui envahissent le delta du Pô en Italie. Leur présence menace la pêche traditionnelle, en particulier celle des palourdes locales, appelées « vongole », et perturbe l’économie régionale. Pierre Bahurel, directeur général de Mercator Ocean International, affirme que « chaque partie de l’océan est désormais concernée ».
Pollution et montée des eaux : un danger imminent
La pollution en mer, associée à une élévation rapide du niveau de la mer, menace directement plus de 200 millions d’Européens vivant sur le littoral. En France, avec 5 500 km de côtes en métropole et 14 500 km en Outre-mer, la situation interpelle. La montée des eaux accentue les risques d’inondations et d’érosion, mettant en péril tant les infrastructures que les milieux de vie en bord de mer.
La fonte des glaces marines s’accélère
Un autre indicateur inquiétant est la diminution continue de la glace de mer. En mars 2025, son étendue était inférieure à la moyenne hivernale habituelle de près de 2 millions km², illustrant les effets du réchauffement global sur notre planète. Cette réduction touche non seulement les habitats polaires, mais modifie aussi le climat à l’échelle mondiale.








