Pourquoi le Népal jette volontairement du plastique dans ses rues alors que le monde entier essaie de s’en débarrasser

Le Népal transforme ses déchets plastiques en routes durables, offrant une solution innovante face à la crise des déchets.

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Pourquoi le Népal jette volontairement du plastique dans ses rues alors que le monde entier essaie de s'en débarrasser
Pourquoi le Népal jette volontairement du plastique dans ses rues alors que le monde entier essaie de s’en débarrasser © RSE Magazine

Le Népal teste une nouvelle façon de construire ses routes qui pourrait changer la manière dont on gère les recyclage du plastique et bâtit des infrastructures plus durables. Inspiré par des pratiques pionnières en Inde, le projet utilise des déchets plastiques broyés pour renforcer et prolonger la durée de vie des chaussées. Cette initiative, présentée comme très importante, vise à recycler des plastiques difficiles à traiter en les intégrant directement dans le revêtement routier.

Sur le terrain

Le projet est mené par Green Road Waste Management et son fondateur Bimal Bastola. L’idée : transformer des déchets courants ; emballages de nouilles, sachets de biscuits ; en composants utiles pour des routes plus solides et durables. Pokhara, qui compte 600 000 habitants, est en première ligne et a déjà vu des tronçons réalisés avec ces matériaux recyclés. Un projet pilote est aussi en préparation à Kathmandu, la capitale du Népal, où la technique sera testée sur un grand carrefour urbain.

L’utilisation de ces plastiques ne se limite pas à du recyclage esthétique : c’est une double solution qui réduit la demande de matériaux neufs tout en prolongeant la durée d’utilisation des routes, grâce à une technologie développée par le Korea Institute of Machinery & Materials.

Comment ça marche

Le procédé commence par le tri et la séparation des déchets plastiques, comme l’explique Arjun Nepal, ingénieur au département des routes à Kathmanduinterrogé par France 24. Les plastiques sont ensuite broyés puis mélangés à des granulats chauds et du bitume. On intègre ainsi environ 2 tonnes de plastique pour chaque kilomètre de route construit.

Cette méthode remplace en partie le bitume traditionnel et offre une alternative plus durable et moins coûteuse, selon Bimal Bastola. Il affirme : « Une route en plastique peut même utiliser des plastiques de faible valeur. »

Un virage mondial, des effets locaux

Le Népal n’est pas le seul à explorer cette voie : l’Inde, la Thaïlande et les États-Unis ont déjà mis en place des initiatives semblables. En Inde, une législation adoptée en 2015 impose l’usage de plastiques dans la construction routière, et près de 40 000 km de routes rurales devraient intégrer ces matériaux d’ici 2024. Certaines études suggèrent que cette méthode peut doubler la durée de vie des routes par rapport aux techniques conventionnelles.

Au Népal, le projet est encore jeune mais prometteur : 1,5 km de routes ont déjà été réalisés à Pokhara, et le nombre augmente. Les acteurs locaux notent des bénéfices économiques et environnementaux tout en restant vigilants face aux risques liés à la libération de microplastiques avec l’usure des voies.

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