À Nantes, depuis le 1er juillet 2025, fumer est interdit dans plusieurs lieux publics. Cette règle vise à protéger ceux qui ne fument pas des désagréments liés au tabac, en s’inscrivant dans une interdiction de fumer plus large. On parle ici de parcs et jardins publics, plages, abords des établissements scolaires, bibliothèques, piscines, installations sportives ainsi que des abribus et autres zones couvertes pour voyageurs. Mais sur le terrain, la situation est tout autre.
Comment réagissent les nantais
Même à l’arrêt de tramway de la Médiathèque, où fumer est interdit, certains comportements persistent. Robert, un sexagénaire fumeur de longue date, allume sa cigarette presque par réflexe en attendant son tramway. « Ça ne va pas m’empêcher de fumer », déclare-t-il à la rédaction de 20 Minutes. Tout en étant conscient que cela peut gêner les autres, il fait néanmoins un petit effort en s’éloignant un peu de l’abri quand il fume.
Tracy, une jeune mère de 26 ans et ancienne fumeuse, préfère décaler son trajet avec sa poussette pour éviter la fumée. Elle trouve que c’est « une bonne chose », même si, selon elle, les habitudes des Nantais sur les quais n’ont pas vraiment changé en deux mois.
De son côté, Jérémy (prénom modifié), quadragénaire habitué des lieux, opte pour s’écarter volontairement à la station Vincent Gâche pour fumer. Prudente face aux sanctions, il assure : « Si je vois un policier, j’éteindrai ma cigarette parce que l’amende est salée ».
Comment la loi se fait appliquer
La règle est nette : fumer dans un lieu public collectif sans emplacement réservé peut coûter cher, avec une amende pouvant atteindre 750 euros. Pourtant, même avec cette sanction financière en jeu, l’application de la loi reste limitée.
Un policier municipal rencontré à Commerce explique : « Nous sommes surtout occupés avec le trafic de stupéfiants ; on ne s’arrête pas à sanctionner les fumeurs qui attendent les transports ». Il ajoute qu’aucune instruction supplémentaire n’a été donnée concernant cette interdiction spécifique : « Pour l’instant, nous n’avons pas reçu de nouvelles directives, mais les modalités de contrôle pourraient arriver dans les prochaines semaines ».
Quelles réactions et quelles perspectives
Ce qui se passe sur le terrain montre une tolérance certaine envers cette nouvelle règle dans certains espaces publics nantais. Les fumeurs continuent souvent leurs habitudes sans trop se soucier de l’amende ou du regard de ceux qui ne fument pas. Beaucoup continuent d’allumer leur clope sur les quais pour partager un moment convivial avec leurs voisins.
Cela dit, l’idée derrière cette mesure est de faire évoluer les mentalités sur le tabagisme passif et d’améliorer la santé publique en ville. Même si la ville peine actuellement à appliquer fermement ces nouvelles règles dans les espaces extérieurs, il appartient aux autorités et aux usagers – qu’ils soient fumeurs ou non – de faire leur part pour voir une vraie évolution dans un futur proche.








