Mauvaise qualité de l’air au travail, un coût caché pour les entreprises

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Mauvaise qualité de l’air au travail, un coût caché pour les entreprises © RSE Magazine

Symptômes physiques, journées d’absence, baisse d’efficacité et coûts directs : la qualité de l’air s’invite au cœur des préoccupations des entreprises françaises. Loin d’être un simple sujet technique lié à la ventilation ou au confort thermique, l’air intérieur apparaît désormais comme un facteur de performance sociale et économique d’une entreprise.

Une qualité de l’air au travail jugée insuffisante par une majorité d’actifs

Selon un sondage conduit par OberA auprès de 3.100 actifs en France, la mauvaise qualité de l’air au travail pèserait directement sur la productivité, l’absentéisme et même la fidélisation des talents, avec un coût mensuel estimé à plus de 100 euros par poste pour près d’un salarié sur deux. Premier enseignement de ce sondage : le ressenti des salariés est loin d’être anecdotique. Sur les trois derniers mois de 2026, 56% des actifs interrogés estiment que la qualité de l’air au travail est moyenne à très mauvaise. À l’inverse, 43% la jugent bonne ou très bonne, tandis que 1% ne se prononce pas.

Dans le détail, 28% qualifient l’air de « moyenne », 17% de « mauvaise » et 11% de « très mauvaise ». Autrement dit, plus d’un salarié sur deux évolue dans un environnement qu’il considère dégradé. Pour les directions des ressources humaines, ce diagnostic renvoie à une responsabilité claire : la gestion de l’air intérieur n’est plus un luxe, mais un déterminant des conditions de travail.

Les effets ressentis sont d’ailleurs largement documentés. Durant le mois de janvier et le début février 2026, 68% des personnes interrogées déclarent avoir subi au moins un effet associé à l’air ambiant au travail. Les irritations des yeux, du nez ou de la gorge concernent 38% des répondants, les difficultés de concentration 36%, les maux de tête 31% et la fatigue ou somnolence 25%.

Plus préoccupant encore, ces symptômes ne sont pas occasionnels. Parmi les salariés concernés, 25% évoquent des manifestations fréquentes, soit deux à trois fois par semaine, et 12% des épisodes très fréquents, au moins quatre fois par semaine, selon la même source. La qualité de l’air devient ainsi un facteur chronique d’inconfort, voire de fragilisation de la santé au travail.

Qualité de l’air, absentéisme et arrêts : un impact direct sur le travail

Au-delà du ressenti, l’enquête met en évidence un lien entre air intérieur dégradé et absence. Sur les douze derniers mois, 59% des actifs estiment avoir connu au moins une journée d’absence liée à des symptômes survenant ou aggravés par la mauvaise qualité de l’air au travail. Dans le détail, 22% déclarent une à deux journées d’absence, 18% trois à cinq jours, 7% entre six et dix jours et 4% plus de dix jours. Seuls 41% indiquent n’avoir enregistré aucune absence liée à ce facteur. Ces chiffres suggèrent que l’absentéisme environnemental, souvent dilué dans les statistiques globales, représente en réalité un levier d’action concret pour les DRH.

La qualité de l’air influe également sur la continuité d’activité. Lors d’épisodes de « mauvais air », 41% des répondants constatent une baisse de vigilance, 23% des erreurs plus fréquentes et 19% des reprises ou retouches supplémentaires. Plus significatif encore, 17% évoquent des arrêts ou ralentissements d’activité.
Ainsi, la dégradation de l’air intérieur ne se limite pas à une question de confort. Elle touche à la fiabilité opérationnelle, à la qualité des livrables et à la maîtrise des risques. Pour les responsables RSE, cela renvoie à l’obligation de prévenir les impacts environnementaux internes, au même titre que les risques physiques ou psychosociaux.

Productivité et temps perdu : la qualité de l’air comme variable économique

Lorsque l’air est jugé moyen ou mauvais, 49% des répondants estiment subir une baisse d’efficacité d’au moins 6% sur la journée. Parmi eux, 25% évoquent une perte de 6 à 10%, 13% de 11 à 20% et 11% une diminution supérieure à 20%. Ces journées dégradées ne sont pas isolées. 45% des salariés concernés déclarent vivre ce type de situation au moins trois jours sur quatre semaines, dont 16% pendant plus de dix jours, d’après les données recueillies en 2026. Autrement dit, la baisse de productivité liée à la qualité de l’air s’inscrit dans la durée.

Le temps perdu s’accumule lui aussi. 59% des Français interrogés estiment perdre au moins 15 minutes par semaine à cause d’un air intérieur dégradé. Parmi eux, 27% évaluent cette perte entre 15 et 30 minutes, 18% entre 30 et 60 minutes, 8% entre une et deux heures et 6% plus de deux heures hebdomadaires. Pour une organisation de taille moyenne, ces micro-pertes hebdomadaires, multipliées par des dizaines ou des centaines de collaborateurs, représentent un coût invisible mais pesant, impactant la performance globale, la capacité d’innovation et la qualité du service rendu.

Un enjeu RSE et de fidélisation : la qualité de l’air devient stratégique

L’impact ne s’arrête pas aux indicateurs de productivité ou d’absence. La qualité de l’air influence aussi l’engagement. 68% des répondants estiment qu’elle a joué sur leur motivation ou leur envie de rester dans l’entreprise. Parmi eux, 33% répondent « un peu » et 18% « beaucoup ». Plus significatif encore, 17% en font déjà un motif de départ envisagé. Dans un contexte de tensions sur le recrutement et de quête de sens, cet élément ne peut être ignoré. L’environnement de travail, y compris la qualité de l’air intérieur, devient un marqueur de considération et de responsabilité sociale.

Les coûts associés sont également perçus comme réels. 38% des répondants estiment que leur entreprise a dépensé au moins 1.000 euros sur l’année en raison de problèmes d’air intérieur, qu’il s’agisse de plaintes, d’interventions ou d’arrêts. 16% évoquent un montant compris entre 1.000 et 5.000 euros, 13% entre 5.000 et 20.000 euros et 9% plus de 20.000 euros. Néanmoins, 31% déclarent ne pas savoir chiffrer ces dépenses. Enfin, 44% des actifs considèrent que la mauvaise qualité de l’air coûte au moins 100 euros par mois à leur entreprise pour leur seul poste, dont 19% au-delà de 250 euros et 9% au-delà de 500 euros, tandis que 22% ne savent pas l’estimer.

Pour Thibaut Samsel, dirigeant et fondateur d’OberA, « cette enquête montre que le mauvais air au travail n’est pas seulement un ressenti : c’est un coût opérationnel, fait de productivité perdue, d’absentéisme et de perturbations d’activité ». Il ajoute que cette situation « met à profit notre expertise qui consiste à diagnostiquer rapidement les causes, prioriser les actions efficaces et transformer un angle mort en gains mesurables pour les équipes et l’entreprise ».

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