Legami investit dans la biodiversité, l’éducation et ses salariés

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Legami investit dans la biodiversité, l’éducation et ses salariés
Legami investit dans la biodiversité, l’éducation et ses salariés © RSE Magazine

Derrière ses stylos colorés, carnets et objets cadeaux, Legami cherche désormais à rendre plus visible une autre facette de son modèle : ses impacts environnementaux et sociaux. Dans son Rapport RSE 2025, la marque italienne met en avant ses investissements dans la biodiversité, les emballages réutilisables, l’éducation et la qualité de vie au travail, tout en donnant plusieurs indicateurs qui permettent de mesurer la portée, mais aussi les limites, de certaines initiatives.

Entreprise à mission, Legami flèche 5% de ses bénéfices vers la RSE

Fondée en 2003 par Alberto Fassi, Legami conçoit et commercialise des articles de papeterie, des cadeaux et des accessoires lifestyle. Son catalogue dépasse 5.000 produits répartis dans 17 univers. La marque, qui s’est internationalisée au fil des années, associe design, couleur et objets du quotidien à une identité résumée par la formule « We are Dreamers ». Le 30 septembre 2026, l’entreprise a présenté à Milan son nouveau rapport annuel consacré à l’exercice courant du 1er avril 2025 au 31 mars 2026, dans lequel elle détaille plusieurs initiatives environnementales et sociales, avec une ambition affichée : intégrer la durabilité à son modèle de croissance plutôt que la traiter comme un sujet périphérique.

Depuis 2023, Legami possède en Italie le statut de Società Benefit, un cadre juridique proche dans son esprit de l’« entreprise à mission », sans être juridiquement identique au statut français de société à mission. L’entreprise indique consacrer chaque année 5% de ses bénéfices à des projets qu’elle qualifie de « 100 % LEGAMI ». Cette enveloppe doit financer des actions liées à l’environnement, aux communautés et aux collaborateurs.

Pour l’exercice 2025, les montants engagés ont dépassé 2,3 millions d’euros. L’entreprise précise que son budget initial s’établissait à 1,4 million d’euros et que les dépenses ont donc progressé de plus de 60% par rapport à cette prévision. Le rapport formalise plusieurs priorités. Environnement, relations avec les fournisseurs, soutien aux communautés, développement des collaborateurs et qualité de vie au travail sont présentés dans une logique commune. Sur son site institutionnel, Legami résume cette stratégie autour de deux piliers, l’environnement et les personnes, et cite notamment Dreamland, Esauriti for the Planet et Wonder School parmi ses projets structurants.
L’environnement, des impacts mesurés aux emballages réutilisables

L’initiative la plus visible se trouve à Bergame. Baptisé Dreamland, le parc naturel de Legami dépasse désormais 31 hectares. Le site accueille plus de 6.600 plantes, arbres et arbustes, 250 mètres carrés de zone humide, 25 espèces d’insectes pollinisateurs et 51 espèces végétales. Le projet, parti d’une surface beaucoup plus réduite, vise à restaurer des espaces favorables à la faune et à la flore dans une zone fortement urbanisée.

La nouvelle phase annoncée pour 2025-2026 élargit encore le périmètre : une barrière végétale d’un kilomètre séparant Dreamland de l’autoroute A4 est prévue, ainsi qu’un projet d’agroforesterie, une nouvelle zone humide et une future école consacrée aux métiers de grimpeurs-arboristes. L’objectif revendiqué par Alberto Fassi est de faire de Dreamland une réserve naturelle urbaine de grande ampleur. Le rapport présente cette extension comme un projet de biodiversité et non comme une compensation automatique des autres impacts de l’entreprise.

Car Legami mesure aussi son empreinte climatique. Le Rapport RSE décrit une démarche en quatre temps : mesurer les émissions sur l’ensemble des sites, réduire les consommations via des actions d’efficacité énergétique et un plan aligné sur la démarche SBTi, compenser les émissions qui ne sont pas encore réduites avec des projets certifiés, puis développer des projets locaux tels que Dreamland. Cette articulation est importante : le document distingue bien les efforts de réduction des mécanismes de compensation.

Le chantier concerne également les emballages. Legami a introduit des emballages réutilisables pour son activité de commerce en ligne et indique avoir réalisé une analyse de cycle de vie. D’après le Rapport RSE, les scénarios étudiés font apparaître un impact inférieur à celui des emballages à usage unique. L’entreprise prévoit en outre d’étendre ces solutions au réseau de vente physique au cours de l’exercice 2026. Parallèlement, de nouvelles analyses de cycle de vie doivent être menées sur les produits afin d’éclairer le choix des matériaux.

L’économie circulaire reste cependant un terrain d’expérimentation. Esauriti for the Planet, autre programme mis en avant par Legami, fait travailler des établissements scolaires sur la récupération de fournitures de bureau en plastique arrivées en fin de vie. Plus de 17.000 élèves sont associés au projet. Toujours est-il que le volume effectivement récupéré lors du pilote est resté faible, inférieur à 30 kg. Ce résultat rappelle qu’une forte participation pédagogique ne se traduit pas mécaniquement par un volume important de matière recyclée : pour une lecture RSE, l’indicateur de sensibilisation et l’indicateur de circularité matérielle doivent donc être suivis séparément.

Legami mise sur Wonder School et Light Up the Dream pour ses impacts sociaux

Sur le volet social, l’éducation occupe une place centrale. Wonder School, conduit avec la fondation CESVI, permet de distribuer des kits de rentrée à des élèves vivant dans des situations de vulnérabilité. Plus de 3.400 kits ont été remis depuis 2024. Pour l’année scolaire 2025-2026, 1 200 kits supplémentaires ont été distribués.

Le dispositif ne se limite plus aux fournitures scolaires. Avec Light Up the Dream, Legami et CESVI veulent accompagner des adolescents dans leur orientation et la découverte de leurs compétences. Le rapport cible des jeunes de 16 à 18 ans et prévoit jusqu’à huit participants par parcours, pour un maximum annoncé de 30 à 40 inscriptions selon la configuration retenue. Les ateliers doivent couvrir plusieurs domaines, des sciences et technologies aux disciplines créatives, avant une seconde étape fondée sur des bourses d’études personnalisées financées par l’entreprise.

La logique revendiquée consiste à agir sur l’accès aux opportunités, et pas uniquement sur l’aide matérielle. Legami présente ces programmes comme un prolongement de sa philosophie « We are Dreamers ». Alberto Fassi résume cette approche en estimant que « les grands changements naissent de petits gestes concrets répétés avec soin dans la durée ».

Cette dimension mérite toutefois, comme pour les projets environnementaux, d’être appréciée à travers les indicateurs d’impact à venir. Le nombre de kits distribués, de jeunes accueillis ou de bourses financées permet de mesurer l’activité. Il ne suffit pas encore, à lui seul, à documenter les effets de long terme sur le décrochage scolaire, l’orientation ou l’insertion. Le Rapport RSE indique d’ailleurs vouloir structurer davantage la mesure des effets générés sur les bénéficiaires lors des prochaines étapes.

Crèche d’entreprise et We are Dreamers : le volet humain s’élargit

La politique sociale de Legami concerne également ses propres équipes. Le rapport mentionne 8 heures par an accordées à chaque salarié pour des visites médicales, 23.931 repas servis sur l’année à la cafétéria et 1.744 accès annuels à la salle de sport. L’entreprise indique par ailleurs avoir consacré environ 1,3 million d’euros à la protection sociale et aux dispositifs de bien-être.

La formation prend aussi de l’ampleur. Le rapport recense 13.092 heures de formation au siège. Le document associe ces actions à un enjeu plus large de fidélisation et d’accompagnement d’effectifs qui augmentent rapidement, dans un environnement où le réseau de boutiques et les implantations internationales continuent de croître.

Autre indicateur suivi : la chaîne d’approvisionnement. Selon ce Rapport RSE 2025, 93% des dépenses fournisseurs réalisées en Chine sont couvertes par des partenaires disposant d’un rapport social SEDEX ou BSCI avec résultat positif. Cette donnée renseigne sur la couverture du dispositif de contrôle, sans pour autant constituer à elle seule une mesure exhaustive des conditions sociales chez tous les fournisseurs.

Enfin, Legami prépare une initiative de soutien à la parentalité. Une crèche d’entreprise doit ouvrir en janvier 2027 au siège de Bergame, elle devrait accueillir entre 50 et 60 enfants âgés de 6 mois à 5 ans, proposer un enseignement bilingue développé avec IBC School et être accessible aussi à des familles du territoire. Legami prévoit par ailleurs de prendre en charge 70% des frais de garde de ses salariés.

Cette future crèche illustre la direction prise par le groupe : relier les engagements RSE à des dispositifs directement intégrés au fonctionnement de l’entreprise. Dans un rapport qui mêle biodiversité, circularité, éducation, fournisseurs et qualité de vie, Legami cherche ainsi à donner une traduction opérationnelle à sa philosophie « We are Dreamers ». Pour un observateur de la RSE, l’enjeu des prochains exercices sera surtout de suivre la transformation de ces initiatives en impacts mesurés dans la durée, à mesure que le groupe grandit.

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