L’administration Trump a lancé une importante coupe de financement pour l’Ocean Observatories Initiative (OOI), un réseau reconnu mondialement pour la collecte de données sur les océans. Cette décision inquiète de plus en plus les scientifiques et les chercheurs qui s’appuient sur ces données pour comprendre et prévoir les changements climatiques qui affectent notre planète. L’OOI, en place depuis environ dix ans, a fourni des observations continues à différentes profondeurs des océans Atlantique et Pacifique, contribuant de manière déterminante à notre compréhension des conditions climatiques mondiales.
Une initiative scientifique menacée
Le 21 mai, l’OOI a publié une déclaration exprimant son inquiétude face au projet de la National Science Foundation (NSF) de retirer toute l’infrastructure en eau de quatre des cinq réseaux déployés. Ces réseaux comprennent la Mer d’Irminger dans l’Atlantique Nord, la Station Papa dans le Nord-Pacifique, ainsi que les arrays Endurance et Pioneer situés dans le Pacifique. Ces infrastructures, qui rassemblent plus de 900 instruments en eau profonde, sont indispensables pour la collecte de données sur la faune océanique et les processus marins. Le Regional Cabled Array, qui va du littoral de l’Oregon jusqu’à la plaque Juan de Fuca, restera en service pour l’avenir prévisible.
Les scientifiques parlent d’une perte majeure. Helen Findlay, biologiste océanographe au Plymouth Marine Laboratory, met en garde : « Les observations océaniques soutenues sont la manière dont nous détectons les risques émergents en temps réel. Sans elles, nous naviguons dans un océan de plus en plus volatile avec une visibilité décroissante. », rapporte la revue Live Science.
Ce que ça coûte : finances et environnement
Selon les propositions de l’administration, il est prévu une réduction de 80 % des fonds alloués à l’OOI pour l’exercice 2026, tout en cherchant à économiser 44,16 millions d’euros par an. Mais ce démantèlement aura des conséquences directes sur la recherche scientifique. Au-delà de la simple collecte de données, ces initiatives ont des retombées économiques pour des industries humaines qui dépendent des systèmes marins, impactant la sécurité alimentaire mondiale.
Les scientifiques s’alarment aussi du retrait des instruments pour notre capacité à suivre le ralentissement des courants marins. La mer d’Irminger a, par exemple, fourni des données déterminantes sur l’AMOC. Une perturbation possible de ces courants océaniques pourrait provoquer des changements climatiques dramatiques et imprévus.
Rebecca Helm, biologiste marine à l’Université de Georgetown, insiste sur l’importance de ces systèmes : « Les systèmes d’observation océanique sont importants parce qu’ils sont comme nos yeux et nos oreilles dans l’eau. »
Ce que ça change pour la recherche et la politique
La NSF dit vouloir adopter une approche plus agile pour soutenir les priorités scientifiques qui évoluent, mais l’administration Trump est critiquée pour la réduction du soutien scientifique. La mesure touchera non seulement la science, mais aussi environ 25 % des prises mondiales annuelles de pêche, selon les données du Coastal Endurance Array.
Cette coupe budgétaire a été vivement contestée par les scientifiques et des responsables politiques, qui accusent l’administration Trump de tourner le dos à la communauté scientifique et de fragiliser le leadership des États-Unis en matière de recherche environnementale. La décision de réduire les fonds de l’OOI est perçue comme une nouvelle étape vers le démantèlement du soutien gouvernemental à la recherche climatique, comparable à l’annonce de la fermeture du National Center for Atmospheric Research (NCAR) en décembre dernier.






