Les nouvelles révélations d’une étude menée conjointement par le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) et l’Université de Poitiers apportent des preuves supplémentaires sur les effets des pesticides sur les populations d’oiseaux en France. La publication, relayée par France Inter et diffusée par l’Agence France-Presse (AFP), marque une avancée dans la compréhension des conséquences environnementales des pratiques agricoles. L’étude met en évidence une corrélation préoccupante entre l’utilisation de pesticides et la baisse des oiseaux communs dans les zones agricoles, soulignant l’urgence de réfléchir à l’utilisation de ces substances.
On a passé les données au crible
L’équipe de chercheurs, dirigée par Anne-Christine Monnet, écologue au MNHN et affiliée au Centre d’écologie et des sciences de la conservation (Cesco), a mené une étude exhaustive en combinant plusieurs sources de données. Cette recherche est publiée dans la revue scientifique Proceedings B de la Royal Society.
L’analyse a pris en compte les achats de 242 substances actives de pesticides tout en observant l’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs. Monnet souligne que la base de données récemment accessible sur les ventes de pesticides constitue une « opportunité » pour révéler les effets des pesticides sur les populations d’oiseaux.
Les chercheurs ont ainsi utilisé une nouvelle base nationale de données sur les achats de pesticides au niveau départemental en France. Cette base permet de comparer les chiffres d’achat locaux avec les données issues d’une étude de science participative sur l’abondance des oiseaux. La méthodologie vise à « isoler l’effet des pesticides », selon les termes des chercheurs, en tenant compte de variables telles que la composition des paysages, la présence de haies, la taille des parcelles, et l’utilisation d’autres intrants comme les engrais.
Des résultats qui inquiètent pour la biodiversité
Les résultats montrent un signal net indiquant un effet négatif des pesticides sur la population d’oiseaux. Pour 84,4 % des espèces étudiées, une corrélation négative a été observée entre les achats de pesticides et l’abondance des oiseaux : cela signifie que plus de 80 % des espèces sont moins abondantes dans les zones où l’utilisation de pesticides est plus fréquente.
Anne-Christine Monnet confirme dans 30 millions d’amis : « Pour 84,4 % des espèces qu’on a comptées, on a des corrélations négatives avec les achats de pesticides, plus il y a de pesticides qui sont achetés, moins il y a d’oiseaux ».
Parmi les mécanismes en jeu, on trouve des effets directs, comme l’intoxication par ingestion de graines traitées, et des effets indirects, notamment la réintroduction des néonicotinoïdes, qui aggravent la situation. L’effet des insecticides est particulièrement délétère, puisque la réduction des ressources alimentaires contribue à aggraver le déclin des populations.








