La fermeture de l’entrepôt de Zalando : un coup de semonce pour l’e-commerce européen

La fermeture annoncée d’un entrepôt géant de Zalando en Allemagne ne relève pas d’un simple choix industriel. Elle révèle une conjoncture économique fragilisée et met en lumière la pression croissante exercée par la concurrence sur le commerce sur internet européen.

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La fermeture de l’entrepôt de Zalando : un coup de semonce pour l’e-commerce européen © RSE Magazine

Le 8 janvier 2026, Zalando a confirmé la fermeture de son centre logistique d’Erfurt, en Allemagne, à l’horizon de fin septembre 2026. À la clé, 2 700 emplois sont menacés. Officiellement, le groupe berlinois évoque une réorganisation de son réseau logistique. Mais, en creux, cette décision illustre une réalité plus large : le commerce sur internet traverse une phase de tension économique marquée, sous l’effet d’une concurrence chinoise qui bouleverse les modèles européens de rentabilité.

Zalando confronté à une conjoncture économique dégradée en Europe

La décision de Zalando s’inscrit dans un environnement économique moins porteur qu’au cours de la décennie précédente. En Allemagne comme dans le reste de l’Europe, la consommation demeure hésitante, sensible aux prix et aux promotions permanentes. Or, dans la mode en ligne, cette pression se traduit directement par une érosion des marges. Les coûts logistiques, énergétiques et salariaux restent élevés, tandis que les clients arbitrent davantage leurs dépenses.

Dans ce contexte, l’entrepôt d’Erfurt, ouvert en 2012 et devenu l’un des plus importants sites logistiques de Zalando, apparaît comme une structure lourde. Il emploie environ 2 700 personnes, soit près d’un sixième des effectifs du groupe, selon les données communiquées par l’entreprise. Maintenir un tel site suppose des investissements constants, alors même que le commerce sur internet impose désormais des délais toujours plus courts et des coûts toujours plus serrés. Ainsi, la fermeture programmée traduit moins un désengagement qu’une tentative de réalignement économique.

Zalando assume ce repositionnement. Le groupe explique vouloir concentrer ses capacités sur un réseau plus resserré, composé à terme de 14 centres logistiques répartis dans 7 pays européens. L’objectif affiché reste ambitieux : maintenir une croissance annuelle comprise entre 5 % et 10 % du volume de marchandises et du chiffre d’affaires, selon le communiqué officiel du 8 janvier 2026. Mais pour y parvenir, l’entreprise reconnaît implicitement que certaines infrastructures ne sont plus compatibles avec la conjoncture actuelle.

La concurrence chinoise, facteur clé de la fragilisation du modèle Zalando

Derrière cette réorganisation, la concurrence chinoise joue un rôle central. Ces acteurs venus de Chine s’appuient sur des volumes massifs, des chaînes d’approvisionnement intégrées et une logistique pensée pour l’expédition rapide de millions de colis. Face à cette dynamique, Zalando se retrouve pris en étau. D’un côté, les consommateurs européens comparent systématiquement les prix et acceptent de moins en moins les écarts. De l’autre, le groupe doit composer avec un cadre réglementaire et social plus exigeant, qui renchérit structurellement ses coûts. Cette asymétrie crée une distorsion concurrentielle durable. Même en optimisant son réseau, Zalando ne peut s’aligner totalement sur des modèles reposant sur des coûts de production et de distribution bien inférieurs.

La fermeture de l’entrepôt d’Erfurt apparaît alors comme un ajustement défensif. Elle vise à réduire les coûts fixes dans un environnement où la guerre des prix devient la norme. Cette logique est d’autant plus visible que Zalando annonce simultanément l’arrêt des opérations de trois entrepôts exploités par des prestataires externes hors d’Allemagne. L’entreprise cherche clairement à préserver sa compétitivité face à une concurrence qui impose ses standards depuis la Chine.

1 réflexion au sujet de « La fermeture de l’entrepôt de Zalando : un coup de semonce pour l’e-commerce européen »

  1. Ah que ce serait un bel article si il était vraiment documenté. C’est bizarre, Zalando n’allait pas si mal en début d’année avec le rachat de leur concurrent About you, bizarrement le chiffre d’affaires est en hausse de 4% aussi… C’est une restructuration qui ne dit pas son nom avec de la casse sociale. Mais il vaut mieux cacher ça sous le tapis. Navrant.

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