La perspective d’un gros séisme le long de la faille de San Andreas inquiète bien des habitants de Californie. De récentes études publiées en septembre 2025 dans la revue Geosphere laissent penser que cet événement pourrait déclencher une série de tremblements de terre encore plus violents. L’hypothèse, qui ne fait pas l’unanimité, suggère que les zones sismiques de Cascadia et de San Andreas seraient liées, augmentant ainsi le risque d’une catastrophe qui se propage.
Une hypothèse sismique qui fait jaser
D’après l’étude menée par Chris Goldfinger, rapportée par National Geographic, la zone de subduction de Cascadia pourrait bien mettre le feu aux poudres et provoquer un séisme sur la faille de San Andreas. Cette théorie s’appuie sur l’analyse de carottes de sédiments marins prélevées le long de la côte ouest. On y trouve des dépôts appelés « doublets » sédimentaires qui apparaissent souvent en binômes. Ces formations laisseraient entrevoir que les deux systèmes de failles ont pu se synchroniser au cours des 2 500 dernières années. D’après Goldfinger, un séisme sur l’un de ces systèmes pourrait en déclencher un autre, soit en quelques heures, soit même en quelques minutes.
Cependant, tout le monde ne partage pas cet avis. Diego Melgar, géophysicien à l’Université de l’Oregon, se montre réservé en déclarant : « L’hypothèse mérite d’être regardée de plus près », tout en précisant que « la simultanéité présentée n’est pas évidente ». De son côté, l’Université du Texas à Austin, reste dubitatif et pense que les turbidites observées pourraient résulter d’autres phénomènes naturels, comme des tempêtes.
Les failles tectoniques sous les projecteurs
La zone de subduction de Cascadia s’étend sur environ 1 600 kilomètres, de l’île de Vancouver jusqu’au nord de la Californie, et comme d’autres zones de subduction, elle peut produire un séisme d’une magnitude supérieure à 9. Le plus grand séisme connu dans cette région remonte à 1700 et aurait dépassé cette magnitude, provoquant des tsunamis avec des vagues de plus de 30 mètres.
De son côté, la faille de San Andreas traverse plusieurs zones densément peuplées de Californie et marque la limite entre les plaques Pacifique et nord-américaine. Ces plaques glissent horizontalement à une vitesse variant entre 3 et 5 cm par an, accumulant ainsi des tensions qui se libèrent lors de tremblements de terre violents. Depuis l’arrivée des dispositifs modernes, la magnitude maximale enregistrée sur cette faille est de 7,9.
Débats chez les experts et conséquences à prévoir
Les recherches de Goldfinger ont lancé un sacré débat dans le milieu scientifique. Tandis que certains spécialistes trouvent ces découvertes « alléchantes », beaucoup restent vigilants sur les conclusions tirées. Greg Beroza, sismologue à l’Université Stanford, rappelle qu’il reste encore beaucoup à découvrir sur les mécanismes qui régissent les séismes en précisant : « Ce n’est pas un problème résolu ».
Si ces hypothèses se confirment, les conséquences pourraient être désastreuses pour la côte ouest américaine. La rupture simultanée ou successive des deux failles mettrait en danger des millions de personnes et causerait des dégâts se chiffrant en milliards d’euros.








