Fraude : la DGCCRF a infligé plus de 200 millions d’amende

L’émergence de l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles possibilités aux fraudeurs, contraignant la DGCCRF à « ajuster son organisation » et « continuer à muscler son expertise dans le numérique », selon sa directrice générale.

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Fraude : la DGCCRF a infligé plus de 200 millions d’amende © RSE Magazine

La DGCCRF dévoile un bilan record pour 2025 avec plus de 202 millions d’euros de sanctions liées à la fraude commerciale, soit 150% d’augmentation malgré une baisse des contrôles. Une efficacité renforcée grâce à un ciblage stratégique des entreprises.

Un montant record de sanctions malgré moins de contrôles

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a collecté plus de 202 millions d’euros d’amendes et de transactions pénales en 2025, soit plus du double des 81 millions d’euros de 2023. Un résultat remarquable alors que l’organisme a paradoxalement réduit ses contrôles de 14 %, inspectant 58 000 établissements et sites web contre 67 500 deux ans plus tôt.

L’explication tient à une stratégie de ciblage repensée. Désormais, 26 % des contrôles aboutissent à des sanctions, contre 21 % en 2023. Selon les dernières données officielles, Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF, justifie cette approche : « l’enjeu, c’est d’arriver à concentrer nos moyens là où c’est important et là où on peut avoir des résultats pour les entreprises et pour les consommateurs. »

La sanction la plus lourde pour le e-commerce chinois

Une plateforme chinoise a reçu la sanction la plus sévère avec 41 millions d’euros d’amendes pour pratiques commerciales trompeuses et allégations environnementales injustifiées. Comme le souligne BFM TV, la géante de l’ultra fast-fashion représente à elle seule 20 % du total des sanctions prononcées. En mai 2026, l’entreprise a été de nouveau sanctionnée à hauteur de 22 millions d’euros pour non-respect du code de la consommation.

Les secteurs bancaire et des télécommunications ont également été touchés. Quatre banques ont versé près de 900 000 euros d’amendes pour entrave au droit des consommateurs. Les arnaques téléphoniques ont généré un enjeu financier majeur avec la confiscation de 2 millions d’euros d’avoirs, suite à la condamnation de sociétés exploitant des numéros surtaxés trompeurs.

Explosion des signalements contre le démarchage abusif

Le fléau du démarchage téléphonique abusif s’amplifie. Les signalements sur la plateforme SignalConso ont quadruplé, passant de 27 974 en 2023 à 113 926 en 2025. Le secteur de la rénovation énergétique concentre une grande partie de ces dérives, malgré l’interdiction du démarchage non sollicité instaurée en juillet 2025.

La DGCCRF a contrôlé plus de 6 300 professionnels de différents secteurs et notifié 11 millions d’euros d’amendes aux opérateurs contrevenants. « Ce sont des enquêtes complexes car il s’agit de réseaux très frauduleux », précise Sarah Lacoche, rappelant que les sanctions peuvent aller jusqu’à l’emprisonnement. Ces affaires illustrent les enjeux croissants de la protection des consommateurs, à l’instar des grandes affaires de tromperie industrielle.

Les influenceurs dans le viseur

L’économie numérique fait l’objet d’une surveillance renforcée. La DGCCRF a contrôlé 280 influenceurs professionnels en 2025, avec des suites correctives ou répressives pour 46 % d’entre eux. Les plateformes de commerce en ligne asiatiques, notamment AliExpress et Temu, sont également surveillées, particulièrement pour le contournement de la taxe de deux euros sur les petits colis, instaurée le 1er mars 2026.

Avec des effectifs stagnant autour de 3 000 agents, l’organisme privilégie désormais des enquêtes plus approfondies. Roland Lescure, ministre de l’Économie, salue « une rigueur et une performance dans le ciblage face aux manquements graves », estimant selon le ministère cette fermeté « indispensable » en « période de crise ».

L’intelligence artificielle, nouveau défi

L’évolution technologique complexifie la lutte contre les fraudes. L’émergence de l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles possibilités aux fraudeurs, contraignant la DGCCRF à « ajuster son organisation » et « continuer à muscler son expertise dans le numérique », selon sa directrice générale.

Pour 2026, les priorités portent sur la lutte contre les fraudes aux prestations sociales et le blanchiment, le contrôle des faux statuts professionnels et du travail saisonnier illégal, la surveillance des garages fictifs et des pratiques frauduleuses dans le BTP, ainsi que le renforcement de la coordination entre services de contrôle.

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