Le monde traverse une crise inédite : les ressources en eau diminuent à un rythme alarmant, menaçant non seulement les équilibres écologiques, mais aussi la survie des sociétés humaines. Un rapport frappant de l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’université des Nations unies met le doigt sur ce problème, qu’il appelle désormais « faillite hydrique ». Cette expression décrit une situation où la consommation d’eau dépasse le taux de renouvellement naturel, entraînant des dégâts irréversibles. L’auteur du rapport, Kaveh Madani, tire la sonnette d’alarme et appelle à des mesures rapides pour éviter une pénurie généralisée.
L’eau qui disparaît un peu partout
Les chiffres du rapport donnent le vertige : depuis le début des années 1990, la moitié des grands lacs ont enregistré une baisse de niveau importante, confirme franceinfo. Parmi les plans d’eau concernés figurent le Lac d’Ourmia en Iran, la Mer Morte (entre Israël, la Jordanie et la Palestine), la Mer d’Aral (entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan), le Grand Lac Salé aux États-Unis et le Lac Pulhal en Inde. Parallèlement, près de 70 % des principales nappes phréatiques, utilisées pour l’eau potable et l’irrigation, sont en déclin sur le long terme.
La surface des zones humides a fondu elle aussi, mettant en danger des écosystèmes entiers et alimentant le phénomène des menaces hydriques, où des grandes villes comme Le Cap, Chennai, São Paulo et Téhéran risquent de voir leurs réserves d’eau s’épuiser.
Ce que ça change pour l’économie et la société
Aujourd’hui, près de 75 % de la population mondiale vit dans des régions touchées par les tensions hydriques croissantes. Les conséquences sont énormes pour l’économie et pour l’agriculture, qui consomme environ 70 % des prélèvements d’eau douce. Plus de 170 millions d’hectares de terres irriguées subissent un stress hydrique élevé ou très élevé, une situation critique pour les agriculteurs qui doivent faire avec des ressources de plus en plus limitées.
Des affaissements de sols se produisent aussi dans des zones urbaines majeures : plus de 6 millions de kilomètres carrés sont concernés, affectant près de 2 milliards de personnes. Certaines villes voient des effondrements rapides, comme Rafsanjan en Iran (30 cm/an), Tulare aux États-Unis (28 cm/an) et Mexico (21 cm/an), ce qui complique la gestion des infrastructures urbaines.
D’où ça vient et quelles solutions
La crise tient surtout à la surexploitation des nappes phréatiques et au changement climatique qui accélère la fonte des glaciers. L’agriculture intensive, combinée à la pollution des ressources en eau, aggrave la dégradation et le stress hydrique.
Pour répondre à cette situation, une transition rapide vers une agriculture économe en eau est nécessaire, ainsi qu’une refonte des politiques publiques pour éviter d’autres dommages irréversibles.








