CMA CGM, Nike et Gemadept misent sur le fret fluvial décarboné

CMA CGM accélère la décarbonation du fret au Vietnam avec Nike et Gemadept. Leur barge électrique, rechargée grâce à l’énergie solaire, doit réduire l’empreinte du transport fluvial dans la chaîne d’approvisionnement.

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CMA CGM, Nike et Gemadept misent sur le fret fluvial décarboné
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CMA CGM accélère la décarbonation du fret au Vietnam avec Nike et Gemadept. Leur barge électrique, rechargée grâce à l’énergie solaire, doit réduire l’empreinte du transport fluvial dans la chaîne d’approvisionnement.

CMA CGM et Nike électrifient le transport fluvial vietnamien

Le 29 octobre 2026, au terminal maritime de Gemalink, près de Hô Chi Minh-Ville, CMA CGM, Nike et l’opérateur vietnamien Gemadept ont officiellement lancé une nouvelle liaison conteneurisée par voie d’eau. Baptisé CMA CGM Electra, le navire relie la plateforme logistique de Nike, située dans l’ancienne province de Binh Duong, au terminal en eau profonde de Cai Mep. Le projet étend la décarbonation aux trajets reliant usines, entrepôts et ports. Pour Nike, l’enjeu consiste à réduire les émissions des exportations. Pour CMA CGM, à combiner propulsion électrique, énergie renouvelable et engagement commercial durable.

La barge parcourt 180 kilomètres aller-retour. Elle est conçue pour transporter plus de 50.000 équivalents vingt pieds (EVP) par an, précise l’armateur. La liaison propose une alternative à la route, sans émissions directes pendant la navigation. Le navire mesure près de 80 mètres et transporte jusqu’à 182 EVP par rotation. Le même quotidien annonce un port en lourd de 3.500 tonnes. Son exploitation doit permettre d’éviter environ 778 tonnes de CO2 chaque année.

Énergie solaire et batteries : la décarbonation au-delà du moteur

Le dispositif ne se limite pas à remplacer le diesel par des batteries. Conçue par les équipes de recherche et de construction neuve de CMA CGM, la barge utilise la technologie du fabricant chinois CATL. Une recharge demande environ quatre heures, indique l’armateur. À Gemalink, les équipements dédiés sont alimentés par une centrale solaire installée au terminal et par de l’électricité renouvelable certifiée.

Cette architecture vise à limiter les émissions du trajet. Elle ne signifie toutefois pas que l’ensemble du cycle de vie du navire, de la fabrication des batteries à la production d’électricité, soit dépourvu d’empreinte carbone.

Nike sécurise sa chaîne d’approvisionnement pour huit ans

La viabilité économique de la barge repose sur des volumes garantis. Nike s’est engagé à occuper 90% de sa capacité durant huit ans. « L’investissement initial dans la barge électrique est environ deux fois supérieur à celui d’un navire diesel comparable ». Les batteries seraient échangeables en 30 minutes.

Cette coopération intervient dans un pays essentiel à la production de Nike : le Vietnam représentait environ 52% des chaussures de la marque et 34% de ses vêtements produits durant son exercice 2026 Nike affirme par ailleurs avoir réduit de 56% les émissions liées à ses transports entrants et sortants sur l’exercice 2025, par rapport à 2020. Son objectif pour 2030 reste une baisse de 35% des émissions de sa chaîne de valeur élargie.

« Réduire les émissions sur l’ensemble d’une chaîne d’approvisionnement mondiale ne peut reposer sur les efforts d’une seule entreprise », souligne Cimarron Nix, directeur du développement durable de Nike, dans le communiqué commun. L’armateur fournit la solution, Gemadept les équipements portuaires et Nike les volumes.

CMA CGM inscrit cette décarbonation dans une stratégie plus vaste

Pour l’armateur marseillais, l’électrification fluviale complète d’autres leviers environnementaux. Le 27 octobre 2026, CMA CGM présentait ainsi avec Carrefour une démarche combinant biocarburants maritimes, regroupement des cargaisons, voies navigables et optimisation des livraisons jusqu’aux entrepôts. Son offre ACT+ annonce des réductions d’émissions pouvant atteindre 83% sur l’ensemble du cycle de vie des carburants pour certains transports maritimes, selon cette publication du groupe. Les résultats dépendent des carburants employés.

L’enjeu est considérable pour un opérateur doté de plus de 700 navires et engagé sur une trajectoire de neutralité carbone nette en 2050. Au Vietnam, où il déclare assurer 29 services maritimes hebdomadaires dans sept ports, le groupe envisage déjà d’étendre le dispositif à d’autres clients. Des voies d’eau européennes, notamment en France et dans le Benelux, figurent parmi les pistes étudiées.

« La décarbonation des chaînes d’approvisionnement mondiales exige de dépasser le stade des ambitions pour mettre en œuvre des solutions concrètes et déployables à grande échelle », déclare Christine Cabau, directrice générale adjointe de CMA CGM. Gemadept défend la même logique d’interconnexion : « Gemadept est convaincu que l’avenir d’une logistique durable repose sur des connexions renforcées entre les ports, les voies navigables intérieures et les énergies propres », affirme son directeur général adjoint Do Cong Khanh.

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