Il mesure 4,27 mètres, pèse 771 kilogrammes et n’a plus donné signe de vie depuis le 10 juillet. « Contender », le plus imposant requin blanc mâle jamais repéré dans l’océan Atlantique selon les scientifiques qui le suivent, a réapparu au large de la Caroline du Nord en avril 2026 avant de s’évanouir à nouveau dans la nature.
Sa taille, comparable à celle d’une voiture, en fait une prise rare pour les chercheurs d’OCEARCH, l’organisation à but non lucratif qui traque ses déplacements depuis plus d’un an. Baptisé « Contender », ce qui signifie « adversaire » ou « concurrent », l’animal avait été repéré pour la première fois le 17 janvier 2025, à seulement 72 kilomètres des côtes, entre la Floride et la Géorgie.
Un émetteur GPS lui avait alors été fixé sur la nageoire dorsale, après une phase de marquage et d’approche au bord du navire.
Depuis, le squale a parcouru plus de 11 200 kilomètres entre la Floride et le golfe du Saint-Laurent, au large du Canada. Ce sont ces signaux, envoyés chaque fois que l’animal fait surface, qui permettent aux scientifiques d’accumuler des données sur ses sites d’accouplement, de reproduction et sur ses routes migratoires.
Un signal trop faible pour le localiser
Le dernier signal connu remonte au vendredi 10 juillet. Il n’était pas assez puissant pour permettre une localisation précise de l’animal. Depuis cette date, plus aucune trace de « Contender » : ni nouvelle photographie, ni nouveau point GPS.
Le requin aurait d’ailleurs pu être photographié durant l’une de ces pauses de son traceur, sans que l’on sache exactement quand. Les scientifiques estiment aujourd’hui qu’il se dirige vers le Canada, dans la continuité du schéma migratoire habituel de l’espèce.
Un porte-parole d’OCEARCH a détaillé ce comportement dans une déclaration au média britannique The Sun : « Les requins blancs de l’ouest de l’Atlantique Nord migrent généralement vers le nord et passent l’été et le début de l’automne à se nourrir dans les eaux de Cape Cod ou du Canada atlantique. » Ces eaux « offrent des températures d’eau agréables et une abondante ressource alimentaire », a-t-il ajouté.
Trois raisons expliquent en général ces déplacements chez cette espèce :
- la recherche de nourriture,
- la reproduction
- la quête d’eaux à température idéale.
À l’approche de l’hiver, le requin chasse des phoques pour accumuler des réserves de graisse et affronter la baisse des températures. Ce système migratoire intéresse particulièrement les chercheurs, qui y voient un moyen d’étudier la façon dont ces prédateurs interagissent avec le reste du milieu marin.
Pour l’heure, « Contender » reste injoignable. Son prochain passage à la surface, s’il survient, sera le seul moyen pour OCEARCH de reprendre le fil de sa trajectoire.



