Ce “Grand Canyon” caché sous l’eau pourrait bouleverser notre vision des fonds marins

Saviez-vous que le King’s Trough, plus long que le Grand Canyon, cache des fosses vertigineuses plongeant jusqu’à 6 000 m ?

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Ce “Grand Canyon” caché sous l’eau pourrait bouleverser notre vision des fonds marins
Ce “Grand Canyon” caché sous l’eau pourrait bouleverser notre vision des fonds marins © RSE Magazine

Situé au large des côtes portugaises, dans l’océan Atlantique Nord, le King’s Trough intrigue les scientifiques depuis sa découverte en 1951 par le navire de recherche britannique Discovery II. Plus long que le Grand Canyon américain, ce complexe de fosses vertigineuses s’étend sur près de 500 km et plonge jusqu’à 4 500 m de profondeur, rapporte Le Journal du Geek.

Longtemps catalogué mais mal compris, le King’s Trough vient de livrer ses secrets grâce à une récente étude parue en novembre 2025 dans la revue Geochemistry, Geophysics, Geosystems. Cette recherche explique les circonstances géologiques qui ont conduit à la formation de cette curiosité naturelle et ouvre de nouvelles perspectives sur la dynamique des fonds océaniques.

L’expédition hors norme et ce qu’elle a trouvé

En 2020, une équipe internationale de scientifiques, dirigée par le centre de recherche allemand GEOMAR – Helmholtz Centre for Ocean Research Kiel, s’est lancée dans une expédition ambitieuse. Leur objectif : comprendre la genèse du King’s Trough en prélevant des échantillons de basalte sur ses parois escarpées.

Les résultats confirment que la formation de cet impressionnant complexe est liée à un épisode tectonique majeur survenu durant l’Oligocène, il y a entre 37 et 24 millions d’années (Ma).

Le mécanisme tectonique derrière tout ça

Au cœur du phénomène se trouve un mécanisme de « poussée à la ride » (ridge push), une force tectonique des plaques liée à l’expansion continue de l’océan Atlantique. Durant l’Oligocène, la dorsale médio-atlantique produisait de la nouvelle croûte terrestre de façon soutenue.

Cette poussée repoussait les continents africain et européen vers l’extérieur, provoquant la rupture du plancher océanique. Selon Jörg Geldmacher, co-auteur de l’étude, c’est la combinaison de cette poussée et de la remontée mantellique, composée principalement de péridotite (roche du manteau), qui a chauffé et affaibli la croûte, facilitant ainsi la déchirure localisée à cet endroit.

Peake Deep : une cicatrice qui ne s’est jamais refermée

Le King’s Trough n’est pas un canyon à proprement parler, mais comprend des fosses aussi profondes qu’impressionnantes. Parmi elles, le Peake Deep défie l’imagination avec ses plus de 6 000 m de profondeur.

Décrit comme un « trou sans fin », cet endroit est considéré comme l’épicentre d’un ancien séisme, une « plaie ouverte » qui ne s’est jamais résorbée. Antje Dürkefälden, auteure principale de l’étude, explique : « Nos résultats expliquent enfin pourquoi cette structure hors norme a pris racine précisément à cet endroit ».

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