À 6 000 mètres sous la surface, l’Ifremer ouvre une nouvelle ère de l’exploration des océans

L’Ifremer déploie des flotteurs Argo capables d’explorer jusqu’à 6 000 mètres de profondeur.

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À 6 000 mètres sous la surface, l’Ifremer ouvre une nouvelle ère de l’exploration des océans
À 6 000 mètres sous la surface, l’Ifremer ouvre une nouvelle ère de l’exploration des océans © RSE Magazine

Alors que la lutte contre le changement climatique continue et que les technologies avancent, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) a passé un cap en lançant le déploiement de deux flotteurs Argo de nouvelle génération. Ces instruments sophistiqués, partis pour la première fois en mer le 11 janvier au nord des Antilles, dans une fosse océanique, sont conçus pour explorer les profondeurs jusqu’à 6 000 mètres, un terrain de recherche crucial pour la biodiversité abyssale. La mission, annoncée par Ifremer le 2 février, s’inscrit dans le programme international Argo, un réseau de recherche océanique auquel participent activement une trentaine de pays, dont la France, les États-Unis et la Chine, pour explorer les écosystèmes extrêmes.

Du matériel pour plonger encore plus profond

Les flotteurs Argo Deep6000 représentent une prouesse technique. Fabriqués en matériau composite et pesant chacun 40 kg, ils sont conçus pour résister aux pressions extrêmes des abysses tout en restant plus légers que leurs prédécesseurs en titane. Leur conception permet de plonger à des profondeurs jusque-là inexplorées, ce qui élargit la portée et la précision des données recueillies. Virginie Thierry, océanographe physicienne à l’Ifremer, le souligne clairement : « Nous allons pouvoir traquer le réchauffement climatique jusque dans les abysses océaniques. »

Ces instruments fonctionnent sur des cycles de 10 jours : ils plongent, enregistrent des données physico-chimiques puis transmettent les informations par satellite une fois revenus à la surface. Ce processus fournit des mesures telles que la salinité, la température, l’oxygène, la pression et les courants océaniques.

Un programme qui dépasse les frontières

Lancé au début des années 2000, le programme Argo est un effort international pour mieux connaître les océans et leur rôle dans le changement climatique. Aujourd’hui, le réseau réunit environ 4 000 flotteurs profileurs qui dérivent et fournissent des données en temps quasi réel. La France, acteur important de ce projet, prévoit d’ici 2025 d’avoir une flotte de 306 robots, renforcée par l’ajout de 30 nouveaux flotteurs d’ici 2028.

Sur la scène internationale, la France se classe deuxième, derrière les États-Unis qui gèrent plus de 2 300 flotteurs, en termes de contributions au programme Argo, confirme France 3. Avec un coût unitaire d’environ 80 000 € par flotteur, l’investissement en recherche est conséquent. Les données récoltées ont déjà alimenté plus de 6 000 publications scientifiques et près de 500 thèses doctorales, ce qui montre l’usage massif de ces observations pour la recherche climatique mondiale.

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