Pourquoi votre trajet quotidien en voiture pollue bien plus que ce qu’on vous a dit, selon une étude qui force les autorités à revoir leurs chiffres

Une étude récente révèle que Climate TRACE sous-estime les émissions de CO₂ des villes américaines jusqu’à 90 %.

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Pourquoi votre trajet quotidien en voiture pollue bien plus que ce qu'on vous a dit, selon une étude qui force les autorités à revoir leurs chiffres
Pourquoi votre trajet quotidien en voiture pollue bien plus que ce qu’on vous a dit, selon une étude qui force les autorités à revoir leurs chiffres © RSE Magazine

La mesure précise des émissions de dioxyde de carbone (CO₂) est au cœur de la lutte contre le changement climatique, mais une nouvelle étude pose de sérieux doutes sur la fiabilité des données utilisées par les décideurs. Les chercheurs montrent un écart important entre deux bases de données influentes, ce qui remet en question l’exactitude et la solidité des informations climatiques disponibles.

Une étude qui secoue les chiffres des émissions de CO₂

Publiée le 5 mai 2026 dans la revue Environmental Research Letters, l’étude menée par trois chercheurs de la Northern Arizona University, dont Kevin Gurney, examine la fiabilité des données sur les émissions liées aux véhicules dans les villes américaines. En comparant la base Climate TRACE et Vulcan, les auteurs ont analysé les émissions de 260 villes américaines.

Leur analyse montre que Climate TRACE sous-estime en moyenne de 70 % à 75 % les émissions réelles provenant des voitures et camions, avec des écarts parfois supérieurs à 90 %, notamment à Indianapolis et Nashville.

Les chercheurs pointent surtout du doigt la validation méthodologique de Climate TRACE, jugée non rigoureuse. De son côté, le consortium a reconnu un bug logiciel en 2025, mais affirme l’avoir corrigé, ce qui ramènerait l’écart à 6 % pour les grandes villes et à 1,4 % au niveau des comtés.

On passe les bases de données au crible

Climate TRACE, cofondé en 2021 par l’ex-vice-président américain Al Gore, se présente comme une autorité mondiale pour le suivi des émissions. Le consortium utilise des algorithmes d’intelligence artificielle basés sur des données satellitaires et énergétiques pour estimer les émissions de dizaines de milliers de sources.

L’équipe de Gurney remet en cause cette approche, arguant d’une absence de validation scientifique rigoureuse des résultats. En parallèle, la base Vulcan, développée par le School of Informatics, Computing, and Cyber Systems de la même université, a servi de référence dans l’étude. Les résultats montrent que, contrairement à Climate TRACE, Vulcan a subi un examen scientifique plus poussé, ce qui souligne les risques d’une utilisation non encadrée de l’intelligence artificielle pour évaluer les émissions.

Ce que ça change pour les politiques climatiques

Les données de Climate TRACE sont utilisées lors des Conferences of the Parties (COP), et influencent donc les engagements internationaux et les traités climatiques. Une telle sous-estimation des émissions peut fausser les discussions politiques et éroder la confiance du public dans les efforts pour lutter contre le réchauffement climatique.

Selon Kevin Gurney, « nous ne serons jamais en mesure d’estimer les émissions avec une précision parfaite, mais nous devons nous assurer que les données communiquées aux décideurs politiques sont non biaisées et respectent les meilleures pratiques scientifiques disponibles ». Ne pas le faire risquerait d’induire en erreur les décideurs, affectant ainsi la gestion efficace des ressources et des politiques climatiques.

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