Un événement cosmique hors norme a retenu l’attention des astronomes. En avril 2025, un radiotélescope a capté un faisceau radio exceptionnel émis par deux galaxies en collision situées à plus de 8 milliards d’années‑lumière de la Terre. Ce signal, le plus lointain jamais enregistré, correspond à un mégamaser hydroxyle, et, vu son éclat hors du commun, il a été qualifié de « gigamaser ». La découverte a été possible grâce à un alignement cosmique rare qui a amplifié le signal et ouvert de nouvelles pistes d’observation de l’univers lointain.
L’origine du signal et son voyage à travers l’espace‑temps
Le rayonnement provient de l’objet désigné HATLAS J142935.3-002836, une région où deux galaxies sont en train de fusionner, confirme le magazine Science et Vie. Lors de cette collision, les nuages de gaz moléculaire se compriment, ce qui excite les molécules d’hydroxyle et déclenche l’émission de rayonnement radio cohérent, un phénomène comparable à un laser mais à l’échelle cosmique, qu’on appelle un « mégamaser ». Ici, l’intensité lumineuse dépasse largement celle de tous les mégamasers hydroxyles observés jusqu’à présent, d’où la qualification de gigamaser.
La lentille gravitationnelle qui a amplifié le signal
La détection n’aurait pas été possible sans une configuration particulière : une galaxie située entre la source et la Terre a joué le rôle de lentille gravitationnelle. La masse de cette galaxie a déformé l’espace‑temps et a redirigé les ondes radio émises par HATLAS J142935.3-002836, en les concentrant et en multipliant leur intensité. Ce renforcement provient du triple alignement entre la source, la galaxie intermédiaire et la Terre.
Les instruments et les prochaines observations
C’est grâce à MeerKAT, un radiotélescope installé dans le désert du Karoo en Afrique du Sud, que le signal a été capté. Composé de 64 antennes, MeerKAT a identifié ce signal dans le cadre du MeerKAT Absorption Line Survey, un programme qui balaie une large portion du ciel austral avec une grande sensibilité aux ondes radio faibles. Les résultats préliminaires ont été déposés sur Arxiv et ont déjà fait l’objet d’une large couverture médiatique par SciencePost.
Le prochain grand rendez‑vous est le Square Kilometre Array (SKA), dont la mise en service est prévue dès 2028 en Afrique du Sud et en Australie. Avec des milliers d’antennes prévues, SKA devrait offrir une sensibilité environ dix fois supérieure à celle des instruments actuels, prolongeant et amplifiant les découvertes entreprises par MeerKAT.








