La perte d’emploi des dirigeants d’entreprise atteint un niveau inédit en France. Selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs publié par l’association GSC et le cabinet Altares, 61 459 dirigeants ont perdu leur activité en 2025, soit 168 par jour. Derrière ce record historique se dessine une réalité économique préoccupante pour les entreprises, en particulier les plus petites.
Emploi : un record historique malgré une stabilisation des défaillances
En 2025, la perte d’emploi des dirigeants d’entreprise atteint un niveau jamais observé en France. Selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs réalisé par l’association GSC et Altares, 61 459 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi, soit 168 dirigeants chaque jour. La progression reste toutefois limitée par rapport à l’année précédente. Le nombre de dirigeants concernés augmente de 1 % seulement par rapport à 2024, ce qui marque un ralentissement après trois années de hausse particulièrement marquées. Entre 2022 et 2024, les pertes d’emploi des chefs d’entreprise avaient en effet fortement progressé, signe d’un choc économique durable pour de nombreuses entreprises.
Pour Hervé Kermarrec, président de l’association GSC, la situation reste néanmoins alarmante. « Cette apparente stabilisation ne doit en aucun cas nous rassurer : nous restons à un niveau inédit de pertes d’emploi entrepreneurial », a-t-il déclaré dans l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs publié par l’association GSC et Altares. Croissance économique faible, tensions géopolitiques persistantes et instabilité politique alimentent un climat d’incertitude qui pèse sur les investissements et la solidité des entreprises.
Défaillance d’entreprise : les dirigeants de TPE en première ligne
En 2025, plus de huit dirigeants sur dix ayant perdu leur emploi dirigeaient une structure de moins de cinq salariés, soit 50 451 entrepreneurs, selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs de l’association GSC et du cabinet Altares. Ces très petites entreprises disposent souvent de marges financières limitées. Elles sont particulièrement exposées aux difficultés de trésorerie, aux impayés ou encore aux fluctuations du marché.
À l’inverse, les entreprises plus importantes apparaissent globalement plus résilientes. Les dirigeants de structures de plus de cinquante salariés voient ainsi leurs pertes d’emploi diminuer de 4,2 %. Les entreprises plus structurées disposent en effet généralement d’une organisation financière plus solide et d’une capacité d’adaptation supérieure face aux crises.
Cependant, certaines grandes entreprises ne sont pas épargnées. Les sociétés réalisant plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires connaissent même une hausse de 11,2 % des pertes d’emploi de dirigeants, après une année 2024 particulièrement favorable.
Emploi des dirigeants : des secteurs particulièrement fragilisés
L’Observatoire souligne également de fortes disparités selon les secteurs d’activité. Le secteur de la construction reste particulièrement exposé. En 2025, il concentre 25,2 % des liquidations judiciaires, soit 14 485 entreprises, selon l’étude menée par GSC et Altares. Ce secteur connaît néanmoins une légère amélioration avec une baisse de 3 % des défaillances, après plusieurs années très difficiles pour les entreprises du bâtiment et des travaux publics.
Dans d’autres secteurs, les difficultés persistent. L’hébergement, la restauration et les débits de boisson enregistrent 7 982 entreprises concernées, soit une hausse de 7,6 %, toujours selon l’Observatoire de l’emploi des entrepreneurs.
Les services aux entreprises apparaissent également sous pression. 7 853 sociétés sont concernées par des défaillances, soit une augmentation de 7,1 %. Ces activités sont souvent dépendantes de la santé financière de leurs donneurs d’ordre, ce qui peut provoquer un effet domino lorsque certaines entreprises rencontrent des difficultés.
Dans le commerce, la situation reste contrastée. Si certains segments enregistrent des signes d’amélioration, comme l’habillement avec une baisse de 9 % des défaillances, d’autres restent fragilisés, notamment l’automobile, qui concentre un nombre important de liquidations. Enfin, certains secteurs industriels connaissent des évolutions opposées. La métallurgie voit les défaillances diminuer de 4,9 %, tandis que les activités liées à l’environnement et à l’énergie, comme le recyclage ou le traitement des déchets, enregistrent une hausse spectaculaire de 27,3 %.








