Avec ces pluies exceptionnelles, on pourrait penser que les nappes phréatiques vont se remplir et que l’on sera à l’abri de la sécheresse cet été. Ce n’est hélas pas aussi simple.
Alors que les crues et les inondations frappent durement l’ouest de la France, les prévisions pour la période estivale sont scrutées de près. Ces fortes précipitations, survenues depuis début février, ont saturé les sols et provoqué le débordement des cours d’eau dans des régions allant de la Loire-Atlantique au Sud-Ouest. Un retour à un temps plus sec est attendu, mais ces pluies « astronomiques » ont déjà fortement modifié le paysage.
Des nappes sous surveillance
Malgré l’accalmie météo, trois départements restent sous vigilance rouge ce dimanche 22 février. En parallèle, les données du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) montrent un rehaussement significatif des nappes phréatiques dans certains secteurs. Le 1er février, les niveaux étaient majoritairement autour de la moyenne, mais des régions comme la Bretagne, l’Ardèche, le Cantal, l’Aveyron, et le Gard affichent désormais des niveaux « hauts à très hauts ».
À l’inverse, certaines parties de la Normandie et le nord-est du pays peinent à maintenir des niveaux normaux. Pour renforcer la ressource en eau à moyen terme, il faut bien comprendre la dynamique saisonnière des nappes phréatiques.
Comment fonctionnent les nappes phréatiques
Les nappes phréatiques évoluent en permanence : elles dépendent des précipitations, de l’évaporation et des prélèvements. Nous sommes actuellement dans une période clé pour leur recharge, sur les plans hydrologique et climatique. Cette phase de recharge s’étend généralement jusqu’à mi-mars et début avril, quand les sols sont encore froids et la végétation en dormance, c’est le moment favorable pour qu’elles se remplissent naturellement avant l’été.
Mais dès la mi-mars, quand les températures remontent, la phase de vidange commence. La végétation absorbe alors davantage d’eau via l’évapotranspiration, et les fortes chaleurs accélèrent l’évaporation. Des températures supérieures à 25 °C augmentent cette évaporation, ce qui peut aggraver la situation pendant les vagues de chaleur, comme on l’a vu en juillet 2018 lors des trois semaines de canicule.
Sécheresse : retour sur des scénarios passés
Emma Haziza, hydrologue spécialisée dans l’adaptation climatique, rappelle que malgré les épisodes pluvieux, il est faux de penser qu’ils garantissent la sécurité hydrique pour l’été. « C’est factuellement faux de se dire que parce qu’il pleut beaucoup aujourd’hui, alors on ne craint plus rien pour l’été », souligne-t-elle dans Huffpost. La France pourrait suivre un schéma similaire à 2018 : des précipitations abondantes, puis des périodes de canicule qui assèchent fortement sols et nappes.
Les signes du changement climatique, comme les variations rapides entre sécheresses et fortes pluies, ne garantissent pas une répartition homogène de l’eau. Chaque région, chaque bassin, réagit différemment selon sa géologie et son degré de perméabilité.








