Dans moins d’un mois, la 30e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 30) se tiendra à Belém, au Brésil. L’événement aura lieu en plein cœur de la forêt amazonienne (un symbole marquant de la nécessité d’agir face au dérèglement climatique mondial). Tandis que les dirigeants du monde se préparent à redoubler d’efforts pour préserver notre climat, les dernières données de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) nous rappellent à quel point la situation est préoccupante.
Un niveau de CO2 qui inquiète
Le dernier bulletin de l’OMM indique que la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint presque 423 parties par million (ppm). Ce chiffre représente une augmentation de 52 % par rapport à l’ère préindustrielle. Depuis les années 1960, le rythme de cette accumulation a été multiplié par trois, passant d’une hausse annuelle moyenne de 0,8 ppm à 2,4 ppm entre 2011 et 2020. Plus récemment, entre 2023 et 2024, on a observé une montée de 3,5 ppm, la plus forte depuis le début des mesures modernes en 1957.
Les activités humaines, notamment l’utilisation massive de combustibles fossiles et la diminution de l’absorption par les puits de carbone naturels (forêts, océans), sont pointées du doigt. La multiplication des feux de forêt vient aggraver cette situation préoccupante.
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D’autres gaz à effet de serre en hausse
À côté du CO2, d’autres gaz à effet de serre affichent aussi des hausses alarmantes. Le méthane (CH4) a atteint 1 942 parties par milliard (ppb), soit une hausse de 166 % depuis 1750. Quant au protoxyde d’azote (N2O), il se situe désormais à 338 ppb. Ce gaz, qui réchauffe l’atmosphère 300 fois plus que le CO2, a augmenté de 25 % par rapport aux niveaux d’avant l’ère industrielle.
Ces augmentations alimentent directement le réchauffement planétaire. L’année 2024, enregistrée comme la plus chaude jamais mesurée, a également vu un puissant épisode d’El Niño contribuer à la montée des températures mondiales.
Les défis des puits de carbone
Environ la moitié du carbone émis est absorbée par nos écosystèmes terrestres et marins. Pourtant, ces puits de carbone subissent de plus en plus de pression. Avec la hausse des températures, les océans captent moins de CO2, tandis que sur la terre ferme, une végétation moins dense et des feux de forêt plus fréquents réduisent encore cette capacité d’absorption.
Cette situation montre bien qu’il faut agir sans tarder pour préserver ces puits naturels si précieux. Comme le souligne Oksana Tarasova, coordinatrice du programme de l’OMM, dans un communiqué relayé par La Presse : « Le maintien et l’intensification de la surveillance des gaz à effet de serre sont indispensables pour soutenir ces efforts. »
Des prévisions climatiques qui font froid dans le dos
Les projections actuelles dressent un tableau bien inquiétant pour l’avenir. Un rapport mené par Damon Matthews et plus de soixante scientifiques prévoit que le réchauffement planétaire pourrait dépasser le seuil de 1,5 degré Celsius dès dans trois ans. Simon Stiell, chargé des questions climatiques aux Nations unies, évoque même une possible hausse allant jusqu’à 3 degrés.
Face à ces menaces imminentes, Damon Matthews appelle les gouvernements à réduire rapidement leurs émissions pour stabiliser le climat mondial. Il n’hésite pas à critiquer les positions du président américain Donald Trump, qui avait qualifié le changement climatique d’« arnaque » et retiré les États-Unis des accords internationaux sur le climat.








