Disparition choquante : une mer entière s’efface à une vitesse terrifiante

La mer Caspienne est en péril : son niveau d’eau baisse de 6 cm par an, menaçant des millions de vies et des écosystèmes uniques.

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Disparition choquante : une mer entière s’efface à une vitesse terrifiante
Disparition choquante : une mer entière s’efface à une vitesse terrifiante © RSE Magazine

La mer Caspienne, cette immense étendue d’eau qui nourrit et abrite des millions de personnes ainsi que des espèces uniques, se trouve aujourd’hui dans une situation délicate. Le retrait rapide de ses eaux transforme d’anciens ports en zones désertifiées. Le débat n’est plus de savoir si la mer s’évanouira, mais plutôt quand cela arrivera. La situation demande une attention immédiate et des actions coordonnées pour éviter une catastrophe écologique et économique.

Une géographie et une économie en jeu

La mer Caspienne, la plus grande mer fermée du monde, se situe à la limite entre l’Europe et l’Asie centrale. Elle est bordée par l’Azerbaïdjan, l’Iran, le Kazakhstan, la Russie et le Turkménistan. Cette région vitale soutient environ 15 millions de personnes grâce à ses ressources halieutiques, à la navigation, ainsi qu’à la production de pétrole et de gaz. Par ailleurs, son importance géopolitique ne cesse de croître dans la situation mondiale actuelle.

Des changements environnementaux inquiétants

Les transformations environnementales observées dans la mer Caspienne sont préoccupantes, similaires aux menaces hydriques pesant sur les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO. Les eaux décroissent rapidement, transformant le nord en zone désertique. À certains endroits, la mer s’est retirée de plus de 50 kilomètres, laissant derrière elle d’anciennes zones humides désormais asséchées et des ports de pêche délaissés. Les compagnies pétrolières doivent draguer des chenaux toujours plus longs pour maintenir leurs activités.

Les causes du déclin

Le réchauffement de la planète joue un rôle majeur dans la dégradation de la mer Caspienne, avec des conséquences climatiques importantes. La diminution du débit d’eau fournie par les rivières, combinée à une baisse des précipitations et à une intensification de l’évaporation, accentue le problème. Les fleuves Oural et Volga, qui alimentent historiquement la Caspienne, sont eux-mêmes affectés par la présence de nombreux barrages sur leur parcours.

Impacts pour la nature et les populations

Depuis le début du siècle, le niveau de l’eau a baissé d’environ baisse du niveau de la mer de 6 cm par an, avec des chutes pouvant aller jusqu’à 30 cm par an depuis 2020. En juillet 2025, il est prévu que la mer descende sous le niveau minimum jamais enregistré. Dans un scénario où le réchauffement serait limité à 2 °C, on estime que le littoral pourrait reculer de 10 mètres par rapport à 2010. Mais sur la trajectoire actuelle, ce recul pourrait atteindre 18 mètres.

Un tel recul entraînerait la disparition de quatre des dix types d’écosystèmes uniques de la mer Caspienne. Par exemple, le phoque de la Caspienne pourrait perdre jusqu’à 81 % de son habitat de reproduction, tandis que l’esturgeon verrait ses zones de frai réduites. De plus, des millions de personnes risquent d’être déplacées, alors que des ports comme Aktau et Bakou devront faire face à des travaux onéreux pour rester opérationnels.

Réponses envisagées et leçons à tirer

Face à ces défis de taille, les pays bordant la mer doivent repenser l’implantation de certains ports et envisager de creuser de nouvelles voies navigables. Un projet prévoit ainsi le dragage d’un nouveau chenal à travers le « seuil de l’Oural ». Une stratégie globale permettra de mieux repérer et protéger les zones où les écosystèmes peuvent s’adapter, tout en investissant dans le suivi de la biodiversité.

Cette situation rappelle celle de la catastrophe de la mer d’Aral et sert d’avertissement pour d’autres grandes étendues intérieures, comme le lac Titicaca ou le lac Tchad.

Les chercheurs invitent vivement les pouvoirs publics du Kazakhstan, de la Russie, de l’Azerbaïdjan, d’Iran et du Turkménistan à anticiper ces changements pour protéger autant les écosystèmes locaux que les communautés qui en dépendent.

L’étude détaillant cette situation préoccupante a été publiée le 10 avril dans la revue Communications Earth & Environnement.

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