Et si le vrai danger en mer n’était pas celui que vous croyez ?

Saviez-vous que les requins causent moins de 10 décès par an, tandis que les moustiques en provoquent 750 000 ?

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Et si le vrai danger en mer n’était pas celui que vous croyez ?
Et si le vrai danger en mer n’était pas celui que vous croyez ? © RSE Magazine

Depuis toujours, les requins fascinent autant qu’ils font peur. Leur réputation de redoutables prédateurs, entretenue notamment par le cinéma, a engendré une angoisse presque irrationnelle dans l’imaginaire collectif. Alors, cette crainte est-elle réellement justifiée ? Malgré la rareté des attaques, leur rôle dans l’équilibre des océans est déterminant, même si la pression humaine met leur survie en danger.

L’influence de la culture sur notre regard des requins

En 1976, le film « Les dents de la mer » réalisé par Steven Spielberg a profondément marqué les esprits. Ce long-métrage met en scène un gigantesque requin blanc qui s’attaque aux baigneurs, laissant derrière lui un souvenir tenace chez des milliers de vacanciers. Même si l’histoire est fictive, cette mise en scène a largement amplifié le sentiment de danger associé à ces animaux marins.

Il se dit souvent que cette peur est exagérée. Certes, certains requins considérés comme « problématiques » se distinguent par des comportements répétés, mais les attaques sur les humains restent très rares. Chaque année, on recense en moyenne entre 100 et 200 morsures dans le monde entier, entraînant environ 10 décès.

Comparer les dangers : des requins aux autres animaux

Si l’on compare le danger réel des requins à celui d’autres animaux, il apparaît clairement que leur menace est largement surestimée. Par exemple, les moustiques provoquent environ 750 000 décès annuels en transmettant diverses maladies. Quant aux chiens, ces fidèles compagnons sont responsables d’environ 20 000 morts par an. Fait surprenant, même les vaches affichent un bilan de 22 décès annuels, un chiffre qui dépasse de loin celui attribué aux requins.

Ces statistiques remettent en perspective le risque que représentent les requins par rapport à d’autres espèces bien plus dangereuses pour l’homme.

La recherche et la protection

La science permet de mieux comprendre le comportement des requins et de prévenir les incidents, grâce à la recherche sur les comportements des requins. Une équipe du CNRS a ainsi mené des études pour identifier les facteurs qui peuvent mener à une attaque. En prélevant de l’ADN sur les blessures laissées par les morsures, les chercheurs peuvent déterminer non seulement l’espèce impliquée, mais aussi établir le profil génétique du prédateur concerné.

Ironiquement, alors qu’on redoute ces créatures, ce sont elles qui paient le prix fort des activités humaines. Annuellement, plus de 100 millions de requins sont abattus, principalement pour leur chair, l’huile contenue dans leur foie ou leurs ailerons, très prisés dans certaines spécialités asiatiques. Par ailleurs, les chalutiers industriels capturent accidentellement un très grand nombre de ces animaux lors de leurs opérations.

Les répercussions sur la vie marine

La disparition progressive des requins a des répercussions très lourdes sur l’ensemble des écosystèmes océaniques, soulignant l’importance écologique des requins. En seulement trente ans, environ 70% des populations mondiales de requins se sont évaporées. Ces prédateurs régulent les populations d’autres espèces marines et participent à maintenir un équilibre fragile dans les mers.

La baisse dramatique du nombre de requins menace cet équilibre et pourrait entraîner des dérèglements majeurs si rien n’est fait pour la protection des espèces marines.

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