Ils veulent faire revivre le mammouth… mais ce qu’ils ont créé dépasse l’imaginable

Imaginez revivre le mammouth laineux pour lutter contre le réchauffement climatique !

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Ils veulent faire revivre le mammouth… mais ce qu’ils ont créé dépasse l’imaginable
Ils veulent faire revivre le mammouth… mais ce qu’ils ont créé dépasse l’imaginable © RSE Magazine

L’entreprise américaine Colossal Biosciences s’est lancée dans un projet super ambitieux qui pourrait changer notre façon de voir l’extinction et la conservation des espèces. En tirant parti des dernières prouesses en ingénierie génétique, Colossal rêve de faire revivre le mammouth laineux, disparu depuis des millénaires. Ce projet fait naître autant d’espoirs pour rééquilibrer les écosystèmes que de grosses interrogations sur le plan éthique et scientifique.

Un projet audacieux pour freiner le réchauffement climatique

L’idée principale chez Colossal Biosciences ? Réintroduire le mammouth laineux dans la nature pour aider à lutter contre le réchauffement climatique. Plutôt que de repartir de zéro pour faire renaître cette bête préhistorique, ils ont opté pour créer des hybrides entre éléphant et mammouth. Pour cela, ils ont choisi l’éléphant d’Asie, de par sa grande similarité génétique avec le mammouth laineux, partageant 99,6% de leur ADN.

Les chercheurs ont déjà réalisé quelques avancées notables. Ils ont, par exemple, mis au point des souris “laineuses” arborant un duvet rappelant les adaptations au froid des mammouths. Dans ce cadre, ils ont analysé le génome de 59 restes de mammouths issus des espèces suivantes : mammouths laineux (Mammuthus primigenius), mammouths des steppes (Mammuthus trogontherii) et mammouths colombiens (Mammuthus columbi). À cela s’ajoute l’étude du génome des éléphants d’Asie, indispensable pour faciliter l’hybridation.

Approches innovantes et progrès accomplis

Pour concrétiser leur pari, les chercheurs ont utilisé trois techniques d’ingénierie génétique afin de modifier le génome des embryons de souris. Des versions synthétiques des gènes identifiés ont été introduites dans ces embryons, qui ont ensuite été élevés jusqu’à maturité. Le résultat ? Des souris dotées d’un épais duvet doré, dont les gènes modifiés influencent la longueur, la texture et la couleur des poils, ainsi que leur capacité à s’adapter au froid.

Ces modifications ont permis de tripler la quantité de fourrure sans pour autant changer la masse corporelle des souris. Selon Ben Lamm, co-fondateur et PDG de Colossal, cette avancée représente un véritable tournant dans leur lutte contre l’extinction. Néanmoins, certains spécialistes restent dubitatifs quant aux réelles retombées de ces résultats pour créer, un jour, des hybrides éléphant-mammouth.

Réactions partagées et défis toujours là

Même si le projet capte beaucoup d’attention, il ne fait pas l’unanimité parmi les scientifiques. Stephan Reisenberg, de l’Institut Max Planck, estime que ces souris n’apportent pas de grande nouveauté d’un point de vue scientifique, tandis que Vincent Lynch pointe du doigt le manque de preuve directe reliant les gènes du mammouth aux changements observés chez les souris. Robin Lovell-Badge, du Francis Crick Institute, se montre lui aussi sceptique quant à l’utilité concrète de ces souris modifiées.

Reconstituer un véritable génome de mammouth à partir de celui d’un éléphant demeure une tâche vraiment complexe. La « dé-extinction » amène aussi son lot de questions éthiques, notamment sur la viabilité écologique de ces espèces ressuscitées dans notre monde actuel.

Questions éthiques et écologiques à résoudre

Les opposants au projet mettent en avant que faire revivre une espèce disparue pourrait bouleverser les écosystèmes actuels, d’autant plus que leurs habitats naturels n’existent plus comme avant. On craint aussi de possibles transferts génétiques imprévus entre espèces, pouvant modifier certaines niches écologiques.

Face à ces inquiétudes, Colossal Biosciences assure collaborer étroitement avec le gouvernement pour définir des normes éthiques et technologiques avant de passer à des applications concrètes.

Les biologistes espèrent voir naître le premier mammouth laineux d’ici fin 2028. Ce projet continue de faire couler beaucoup d’encre, en invitant chacun à se poser des questions sur ce que notre savoir-faire technologique, face aux enjeux environnementaux d’aujourd’hui, pourra bien nous apporter.

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