Interdiction de boire l’eau du robinet jusqu’au 31 décembre 2025 : êtes-vous concerné ?

L’eau du robinet interdite pour 3 000 habitants du Haut-Rhin en raison de polluants alarmants.

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Interdiction de boire l'eau du robinet jusqu'au 31 décembre 2025 : êtes-vous concerné ?
Interdiction de boire l’eau du robinet jusqu’au 31 décembre 2025 : êtes-vous concerné ? © RSE Magazine

La consommation d’eau du robinet est désormais interdite pour certaines catégories de personnes dans 11 communes du Haut-Rhin, en raison d’un problème de pollution qui inquiète vraiment. Cette interdiction vise surtout les personnes vulnérables, à cause de la présence de polluants dits « PFAS » (des produits chimiques persistants, provenant notamment de l’utilisation de mousse anti-incendie du côté de l’aéroport de Bâle-Mulhouse). On se retrouve ainsi avec une situation qui soulève des inquiétudes sur la santé publique et qui nécessite des dépenses importantes pour être réglée.

Pourquoi et comment on applique l’interdiction

Un arrêté pris par la préfecture du Haut-Rhin le 25 avril a officialisé cette mesure, qui sera appliquée à partir du 5 mai. Les personnes concernées – des femmes enceintes, des femmes allaitantes, des enfants de moins de deux ans, ainsi que des personnes immunodéprimées – devront désormais se tourner vers l’eau en bouteille. Cela concerne environ 3 000 habitants, soit 5 % de l’agglomération de Saint-Louis. Pour information, les taux de PFAS dans l’eau dépassent régulièrement la normes européennes fixée par l’Union européenne à 100 nanogrammes par litre, avec des valeurs observées entre deux et quatre fois supérieures à ce seuil.

Les PFAS sont connus pour leurs effets potentiellement nocifs sur la santé humaine, et on les appelle parfois polluants éternels parce qu’ils restent longtemps dans l’environnement. La pollution actuelle est principalement due aux mousses utilisées par les pompiers sur le site de l’aéroport voisin.

Les mesures techniques et financières

Pour faire face à cette situation sanitaire, on met en place un plan d’action visant à purifier les ressources en eau locales. À court terme, des unités mobiles de filtration vont être installées, tandis que, sur le moyen et le long terme, trois usines permanentes devraient être construites d’ici 2027. Le coût total des travaux est estimé à 20 millions d’euros.

Le financement pose de sérieux défis. À l’heure actuelle, l’agglomération consacre seulement 4 millions d’euros au budget de l’eau. Jean-Marc Deichtmann, président de l’agglomération, a déclaré : « Il faut absolument qu’on nous aide. » Pour sa part, l’EuroAirport a annoncé sa participation au financement, même si le montant précis n’a pas encore été révélé. En parallèle, des discussions sont en cours avec le préfet et l’agence de l’eau pour obtenir une aide financière supplémentaire.

Responsabilité et retombées économiques

La responsabilité financière repose avant tout sur l’aéroport, en appliquant le principe du « pollueur-payeur ». Bruno Wollenschneider, président de l’Association de Défense des Riverains de l’Aéroport (ADRA), souligne : « C’est à l’aéroport de Bâle-Mulhouse de payer. » Toutefois, il est clairement indiqué que ces coûts ne doivent pas être répercutés sur les habitants locaux ou les riverains.

On s’attend quand même à ce qu’une hausse du prix de l’eau se fasse sentir, afin de couvrir une partie des dépenses destinées aux nouvelles infrastructures conçues pour garantir une eau potable sans risque.

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