Kasukabe : la ville secrète dans les sous-terrains de Tokyo

Saviez-vous que le « Parthénon souterrain du Japon » réduit les inondations de 90% dans Tokyo ?

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Kasukabe : la ville secrète dans les sous-terrains de Tokyo
Kasukabe : la ville secrète dans les sous-terrains de Tokyo © RSE Magazine

Dans un monde où les catastrophes naturelles se multiplient et se font plus intenses, le « Parthénon souterrain du Japon » se présente comme un bel exemple d’ingéniosité humaine face aux défis climatiques. Ce complexe en béton, situé à Kasukabe dans la préfecture de Saitama, au nord de Tokyo, aide à protéger la capitale japonaise et ses environs contre les inondations dévastatrices.

Une structure impressionnante pour la sécurité

Le réservoir principal du complexe, qui surprend par ses allures de cathédrale, est une vraie merveille architecturale. Il mesure l’équivalent de deux terrains de football en longueur et repose sur des piliers gigantesques, chacun pesant 500 tonnes. Avec un diamètre de 30 mètres et une profondeur de 70 mètres, il permet d’accueillir 59 piliers en béton, chacun s’élevant à 18 mètres de hauteur.

Le réseau souterrain comprend aussi un tunnel de 6,3 kilomètres. Grâce à cette installation, le nombre d’habitations inondées a été réduit de 90%, évitant ainsi des dégâts considérables dans la région.

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Des opérations surveillées de près

Depuis son achèvement en 2006, après près de dix ans de travaux et un investissement avoisinant les deux milliards d’euros, le « Parthénon souterrain » est utilisé en moyenne sept fois par an pour protéger Tokyo des eaux déchaînées. Nobuyuki Akiyama, le responsable du site, précise : « Ce réservoir a un diamètre de 30 mètres et une profondeur de 70 mètres. Pour vous donner une idée, c’est aussi grand qu’on pourrait y loger une navette spatiale ou même la Statue de la Liberté. »

La surveillance du site, particulièrement pendant la saison des pluies et des typhons qui s’étend de juin à fin octobre , permet de garantir son bon fonctionnement. Depuis sa mise en service complète, l’installation a permis d’éviter plus de 150 milliards de yens (environ 923 millions d’euros) de dégâts causés par les inondations.

Un héritage riche et des solutions d’aujourd’hui

La maîtrise de l’eau au Japon n’est pas une idée nouvelle. Elle remonte à la période Yayoi, il y a environ 2 000 ans, et s’est renforcée pendant l’ère Edo (1603-1868) grâce au développement de digues, bassins, écluses et canaux (des techniques qui ont évolué au fil des siècles). Aujourd’hui, cette tradition se perpétue à travers des infrastructures modernes comme les bassins de rétention souterrains et les digues surélevées, en réponse au risque sismique majeur.

Face aux défis posés par le changement climatique, le Japon innove toujours. Par exemple, une extension du réservoir de la rivière Kanda est prévue pour 2027. Autour du globe, d’autres initiatives similaires voient le jour : aux Pays-Bas avec le système « Room for the River », en Corée du Sud où l’autoroute Cheonggyecheon à Séoul se transforme en rivière renaturée, à Londres grâce à la barrière de la Tamise et à Venise avec le projet MOSE activé en 2020.

Le « Parthénon souterrain » démontre que, face aux phénomènes naturels amplifiés par le réchauffement planétaire et l’urbanisation rapide, il est possible de mettre en place des solutions innovantes pour protéger les populations vulnérables. Ce n’est pas qu’une prouesse technique ; c’est aussi la volonté du Japon de gérer les risques environnementaux de manière durable et proactive.

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