La situation de l’eau dans le monde se tend chaque jour, notamment à cause du changement climatique et de la croissance démographique. Près d’un quart de la population mondiale se heurte à des niveaux « extrêmement élevés » de stress hydrique. Dans les campagnes, 1,6 milliard de personnes manquent cruellement d’eau, tandis que plus de 2 milliards n’ont pas accès à de l’eau potable. D’ailleurs, 56% des eaux souterraines mondiales sont salées et impossibles à boire. À cela s’ajoutent des épisodes météo extrêmes, comme l’été 2022 qui fut le plus chaud jamais enregistré en Europe.
Une avancée technologique prometteuse
Pour affronter ces difficultés, une équipe du King’s College London, du MIT et de l’Institut Helmholtz pour les Systèmes Énergétiques Renouvelables a mis au point un système novateur de désalinisation alimenté à l’énergie solaire. Présentée dans la revue Nature Water, cette invention permet de transformer l’eau salée en eau douce de façon économique et respectueuse de l’environnement. Selon les tests, le procédé coûte plus de 20% moins cher que les techniques de désalinisation habituelles.
Ce système fait appel à l’énergie solaire pour séparer le sel de l’eau, grâce à des membranes qui filtrent les ions salins, une méthode de filtration efficace. Des panneaux photovoltaïques récupèrent l’énergie du soleil afin d’alimenter le dispositif, lequel ajuste automatiquement la tension électrique et le débit d’eau en fonction de la luminosité. Ce procédé permet ainsi une production continue et adaptée d’eau douce.
Un dispositif qui sort de l’ordinaire
Le dispositif, qui flotte à la surface, capte l’eau évaporée de la mer, la condense puis la recueille sous forme d’eau douce. Il fonctionne un peu comme un distillateur actionné par le soleil, avec une structure ressemblant à une serre flottante. En profitant du soleil, particulièrement abondant dans les zones arides et semi-arides, cette solution évite le recours à des batteries coûteuses et réduit notablement son empreinte en CO₂, un peu comme capter l’eau de la brume.
Cette innovation pourrait aussi bien servir à l’agriculture en fournissant de l’eau potable dans des environnements arides sans rejeter du CO₂. La méthode imite le cycle naturel de l’eau, ajoutant ainsi une touche d’harmonie à l’environnement.
Des perspectives d’avenir et quelques comparaisons
Des partenariats sont déjà envisagés avec des acteurs locaux en Inde, où 60% du territoire est couvert par de l’eau salée non potable. Une start-up sera d’ailleurs lancée pour commercialiser cette technologie, qui pourrait également être utilisée dans le traitement des eaux usées et la production d’alcalis pour modifier le pH des océans.
Contrairement aux méthodes classiques de dessalement qui demandent beaucoup d’énergie d’origine fossile et génèrent une saumure nuisible aux écosystèmes marins, cette nouvelle approche se révèle propre et économique. Le CNRS note que les installations traditionnelles peinent à être rentables à cause de leur forte consommation d’énergie par rapport à la quantité d’eau produite.
Parmi d’autres innovations intéressantes, on peut citer le « Solar Desalination Skylight » développé par Henry Glogau, architecte néo-zélandais. Ce dispositif en forme de lampe utilise une pompe manuelle pour faire remonter l’eau salée avant de la chauffer pour qu’elle s’évapore puis se condense en eau douce.








