L’intelligence artificielle est au cœur des discussions du moment, non seulement pour ses progrès technologiques mais aussi pour ses retombées écologiques et sociales. Pendant que sur les réseaux sociaux apparaissent des tendances avec des images créées par l’ia, on s’inquiète de la facture environnementale associée à ces technologies. D’un autre côté, l’usage créatif de l’IA soulève aussi quelques interrogations sur le plan éthique.
L’essor des images générées par l’IA et les polémiques
Les réseaux sociaux ne cessent de se renouveler avec des tendances qui vont et viennent. Ces temps-ci, on voit un engouement pour les images produites par intelligence artificielle. Par exemple, une première vague d’illustrations reprenant le style du studio Ghibli a fait jaser, surtout à cause du message anti-technologie véhiculé par Hayao Miyazaki, le célèbre réalisateur de ce studio.
On a aussi vu apparaître les « Starter Packs IA », des compilations qui résument la personnalité d’une personne en une image composée d’éléments facilement identifiables par l’IA. Pour illustrer, une avocate peut être représentée avec un Code civil et une gamelle pour chien. Marine Le Pen est associée à des liasses de billets et des menottes, tandis qu’Élisabeth Borne est mise en scène avec une cigarette électronique et le symbole du 49.3. Quant à Patrick Martin, président du Medef, il est lié aux journaux Les Échos et l’Humanité.
Mais cette mode n’est pas sans gêne. Un compte TikTok a été banni après avoir posté un « Starter Pack » inspiré de Gisèle Pélicot, victime de viols (cela illustre bien le débat éthique du sujet).
Les effets écologiques qui font peur
L’empreinte écologique de l’intelligence artificielle est vraiment impressionnante. En 2023, on estimait que les data centers consommaient 1,5 % de l’électricité mondiale, et cette part pourrait être multipliée par dix d’ici 2030. Pour donner un ordre d’idée, générer une image grâce à l’IA requiert entre deux et cinq litres d’eau, tandis qu’une simple requête sur ChatGPT utilise autant d’énergie que dix recherches sur Google. D’après les chiffres, la pollution liée à l’IA pourrait exploser dans les années à venir, multipliée par cent.
À titre d’exemple, l’entraînement de la version 3 de ChatGPT a produit 626 000 kg de CO2 et consommé 700 000 litres d’eau. Ces chiffres se traduisent par 72 tours de la Terre en voiture ou par la fabrication de 3 244 ordinateurs portables.
On m’a envoyé mon Starter Pack !
On a tous vu passer cette tendance marrante sur nos réseaux. Grâce à l’IA générative, on peut désormais créer en un clic une figurine à son effigie. C’est bluffant, et un peu grisant, il faut bien l’avouer.Mais derrière la magie ✨, il y a une… pic.twitter.com/ABbgvOrs83
— Thomas Pesquet (@Thom_astro) April 11, 2025
Conséquences pour les artistes et dérives sur le plan éthique
L’IA générative pose aussi de sérieux problèmes pour les artistes, dont le travail est parfois détourné sans leur accord. Certains se sont même mis en quatre en proposant leurs propres « Starter Packs » dessinés à la main afin de contrer ce phénomène. Un hashtag, StarterpackNoAI, a ainsi vu le jour pour alerter le public sur cette situation.
Les réactions face aux enjeux environnementaux
Plusieurs voix s’élèvent pour parler de la facture environnementale de l’IA. Marine Tondelier décrit la situation comme un « gouffre énergétique insensé », tandis que Thomas Pesquet rappelle que toute cette technologie cache aussi d’importants coûts pour notre planète.
Une étude de l’université de Pennsylvanie prévoit que la consommation électrique liée à l’IA va grimper de façon spectaculaire dans les prochaines années. De plus, un rapport du Cese explique que le développement de ChatGPT a nécessité autant d’eau que treize Français consommeraient en une année complète.








