“Un désastre invisible” : La Russie sacrifie l’environnement pour faire la guerre

La guerre en Ukraine a des conséquences écologiques alarmantes, avec des pollutions croissantes et des répercussions sanitaires catastrophiques.

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“Un désastre invisible” : La Russie sacrifie l’environnement pour faire la guerre
“Un désastre invisible” : La Russie sacrifie l’environnement pour faire la guerre © RSE Magazine

La guerre en Ukraine, dans laquelle la Russie est directement impliquée, entraîne des conséquences qui dépassent largement le simple affrontement militaire. Les effets sur la nature inquiètent autant en Ukraine qu’en Russie, et la politique climatique menée par Moscou soulève de sérieuses questions sur ses véritables objectifs. Ces faits mettent en lumière des enjeux importants pour l’avenir écologique et la santé dans la région.

Les dégâts environnementaux du conflit ukrainien

Depuis le début des hostilités, la Russie a largement desserré ses exigences en matière de protection de l’environnement. Du coup, on observe une nette augmentation des émissions industrielles et des niveaux de pollution sur le territoire. Les chiffres montrent même que le taux de mortalité dû aux maladies atteint des niveaux comparables aux pertes sur le terrain. Des organisations internationales comme Greenpeace et le Fonds mondial pour la nature (WWF) ont été mises à la porte en Russie, laissant la nature démunie face aux décisions gouvernementales.

En Ukraine, le conflit a aussi provoqué de gros désastres écologiques, notamment avec la destruction du barrage de Kakhova et des feux de forêt qui se répètent régulièrement. Ces incidents ont causé une pollution massive des sols et une dégradation irréversible de l’environnement local.

La nouvelle doctrine climatique russe

En novembre 2023, le président Vladimir Poutine a dévoilé une nouvelle doctrine climatique, reconnaissant officiellement que le changement climatique représente un défi majeur du XXIe siècle. Pourtant, ce geste s’accompagne d’une politique qui, en pratique, favorise la hausse des émissions de gaz à effet de serre. En effet, malgré un décret de novembre 2020 qui prévoyait une réduction des émissions jusqu’à 70 % par rapport aux niveaux de 1990, les chiffres actuels indiquent le contraire.

Pour préciser, en 2020, les émissions russes s’élevaient à 48 % des niveaux de 1990, correspondant à 1 482,2 millions de tonnes équivalent CO2. Pourtant, l’objectif annoncé est de redescendre à 1 673 millions de tonnes d’ici 2030, ce qui revient à augmenter plutôt qu’à réduire la pollution.

La place de la Russie dans le monde et ses défis législatifs

La Russie se positionne comme le quatrième émetteur mondial de carbone, derrière la Chine, les États-Unis et l’Inde. Même si ses responsables n’hésitent pas à afficher leur volonté d’agir pour le climat, ils mettent souvent en avant les sanctions internationales pour expliquer leurs difficultés à tenir leurs engagements.

Sur le plan des lois internes, le gouvernement a réduit ses efforts pour contrôler le respect des normes environnementales. En 2022 et 2023, il a suspendu les inspections écologiques dans les entreprises afin d’alléger la pression économique causée par les sanctions. Par ailleurs, une loi adoptée en mars 2022 a mis en pause plusieurs initiatives importantes, dont le projet Air pur 2020.

Les soucis environnementaux locaux et la répression

Les problèmes liés à l’environnement ne se restreignent pas aux grandes villes ou aux industries. Par exemple, la pollution dans la mer Noire, survenue après le naufrage de deux pétroliers en décembre, illustre bien la situation préoccupante. De plus, autour du lac Baïkal, la coupe à blanc est désormais autorisée pour permettre diverses constructions.

Cerise sur le gâteau, cette dégradation va de pair avec une répression marquée contre les défenseurs de l’environnement en Russie. Greenpeace et WWF sont désormais qualifiés « d’organisations indésirables », ce qui expose leurs membres à des risques d’emprisonnement. D’autres associations se retrouvent dans une situation similaire en étant étiquetées comme agents étrangers.

Malgré toutes ces difficultés, certains projets, comme le projet Clean Air, continuent d’exister, même s’ils subissent régulièrement des coupes budgétaires importantes qui en limitent l’efficacité sur le terrain. De son côté, la Douma est en train d’examiner un texte destiné à encadrer davantage l’activité bénévole dans ce secteur.

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