Une trouvaille de taille en Australie-Occidentale pourrait bien réécrire ce qu’on pensait savoir sur les débuts de notre planète. Un cratère gigantesque, né de la collision d’une météorite il y a plus de trois milliards d’années, a été repéré dans la région du Pilbara. Ce site est à présent vu comme le plus vieux cratère de collision sur Terre, avec un âge estimé à 3,5 milliards d’années. Cette découverte chamboule les idées reçues et propose une vision inédite sur l’évolution géologique de notre planète.
Une trouvaille géologique
L’identification du cratère de Pilbara s’est faite grâce à des formations rocheuses bien distinctes, qui ont guidé les chercheurs jusqu’à cet endroit hors norme. Parmi les indices, on a relevé des cônes de choc « exceptionnellement bien préservés » découverts tout près du site, dans une zone qu’on appelle le North Pole Dome – qui s’étend sur 99,78 km. Ces cônes apportent la preuve que la collision, survenue il y a environ 3,47 milliards d’années, a vu une météorite filer à plus de 35 995 km/h frapper la Terre.
La collision a engendré un cratère impressionnant de plus de 96,56 km de diamètre. On ne parle pas là d’un petit coup de boutoir ; cette découverte éclaire aussi la façon dont de telles collisions ont pu modeler le paysage terrestre à ses débuts.
Le cratère de Pilbara offre un éclairage précieux sur les processus qui ont mené à la formation des toutes premières structures continentales. La collision aurait pu participer à la création des cratons — ces grands blocs stables qui constituent le socle des continents que nous connaissons aujourd’hui. Ce phénomène aurait dispersé ces matériaux dans divers endroits de la planète.

Le terrain Est de Pilbara : une mine d’infos
Le terrain Est de Pilbara, qui fait partie intégrante du craton Pilbara, est principalement constitué de croûte paléoarchéenne datant d’environ 3,48 milliards d’années. Ce secteur renferme aussi le Dôme du Pôle Nord où l’on a trouvé ces fameux cônes de percussion, dans une unité siliciclastique identifiée sous le nom de Membre Antarctic Creek (ACM). Ces observations viennent renforcer l’idée qu’une collision hypervélocité a laissé sa marque indélébile dans cette région.
Les recherches à venir viseront sûrement à repérer d’autres sites similaires pour mieux cerner la fréquence des collisions survenus dès l’Archéen précoce et leur influence possible sur la dynamique de la Terre.
Source : Nature








