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23/03/2015

Emissions de CO2, l’académie des sciences doute des objectifs français




Dans une déclaration passée quasiment inaperçue, l’Académie des sciences affirme douter des délais fixés par la France pour sa transition énergétique. « L'Académie souligne les difficultés à vouloir atteindre trop vite certains objectifs » affirme le texte publié en janvier 2015.


Emissions de CO2, l’académie des sciences doute des objectifs français
Un quasi consensus des acteurs de la transition énergétique semble avoir été trouvé pour ne pas trop parler des études qui remettent en questions les travaux en cours. Il apparaît en effet bien étrange que le communiqué sur les délais et objectifs fixés par la France de la très prestigieuse Académie des Sciences soit passé inaperçu. Rappelons que cette institution avait été abondamment citée lorsqu’elle avait affirmé en 2010, que la responsabilité de l’homme était évidente dans le bouleversement climatique.

Le texte publié le 6 janvier 2015 est un avis adopté à l’unanimité par la séance plénière de l’Académie. Il explique que, tout en soutenant les objectifs de réduction de la consommation des énergies carbones, il est important de s’intéresser sur les échéances arrêtées par la France.
 

Pour une approche réaliste et moins alarmiste

L’avis de l’académie est intéressant en ce qu’il souligne le caractère éminemment politique des annonces en matière d’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique. Les discussions internationales, dont la prochaine Conférence qui se tiendra à Paris à la fin de l’année, semblent avoir fait du climat un dossier où l’enjeu majeur est de fixer des objectifs. Sans trop s’interroger sur le réalisme de ces annonces.

« A-t-on déjà les solutions pour réaliser ces transformations ? Quels sont les obstacles à surmonter pour faire face à une croissance rapide des renouvelables intermittents (éolien et solaire), régler les problèmes posés par leur intégration dans le réseau et compenser leur variabilité ? Connaît-on l'impact sur le système électrique dans son ensemble d'une part de l'électricité d'origine nucléaire ramenée de 75% à 50% en seulement 10 ans ? Que peut-on espérer en termes d'efficacité énergétique, et dans quels domaines ? » se demande l’Académie.

« Face à ces questions complexes, l'Académie souligne les difficultés à vouloir atteindre trop vite certains objectifs. Elle recommande d'adopter une trajectoire réaliste et rappelle la place favorable de la France ; son indice d'émission est d'environ 5t de CO2 par habitant et par an, alors qu'il est de 9 pour l'Allemagne et de 16 pour les États-Unis. En termes d'énergie primaire, la part des énergies fossiles est de 53 % en France alors qu'elle est de plus de 80 % en Allemagne » continue le texte.

L’appel des scientifiques à plus de réalisme est de première importance. Il montre bien qu’il faut s’attaquer au problème et fuir les coups politiques. Sinon, le gouvernement et les acteurs de la transition énergétique risquent de perdre toute crédibilité dans le domaine.





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