Que devient un avion quand il ne vole plus ? C’est la question qui occupe aujourd’hui l’industrie aéronautique. Pour y répondre, TARMAC Aerosave s’est imposée comme une référence mondiale, proposant une méthode innovante aux défis environnementaux et industriels. Le démantèlement d’un Airbus A380 de 280 tonnes a d’ailleurs constitué une première mondiale retentissante, rapporte Media24.
TARMAC Aerosave, le pionnier du secteur
Créée en 2007 à Tarbes, dans les Hautes‑Pyrénées, TARMAC Aerosave est née de l’alliance de trois poids lourds : Airbus, Safran, et Suez. Chacun apporte son savoir‑faire : Airbus pour la connaissance des appareils, Safran pour les moteurs, Suez pour la gestion responsable des déchets. Cette combinaison permet à l’entreprise d’offrir un « one-stop shop » et d’assurer un « cycle de vie complet » des avions.
L’activité se déroule sur trois sites européens bien pensés. Le site historique de Tarbes-Lourdes-Pyrénées, à Azereix, concentre l’essentiel des compétences techniques. En Espagne, à l’aéroport de Teruel, on gère le stockage à grande échelle. Le site de Toulouse-Francazal se concentre sur le traitement des avions monocouloirs. Avec une capacité combinée de stockage de 280 avions et 120 moteurs, l’entreprise dispose de la plus vaste infrastructure en Europe pour ce type d’activités.
Comment se passe le recyclage chez TARMAC Aerosave
Selon les besoins des propriétaires, un avion peut suivre plusieurs trajectoires. Pour ceux qui choisissent d’attendre une meilleure conjoncture économique, le stockage temporaire est une option : les avions sont entretenus, surveillés et préparés pour reprendre du service. Quand un appareil change de main, TARMAC Aerosave se charge de sa reconfiguration et de sa remise aux normes.
D’autres appareils atteignent la fin de leur vie et doivent être démantelés avec soin. Les moteurs, trains d’atterrissage et équipements de cabine sont démontés, certifiés, puis remis sur le marché comme pièces de rechange. Les matériaux, aluminium, titane, cuivre, sont triés, valorisés et vendus aux filières de recyclage. Grâce à ce processus, l’entreprise récupère et valorise plus de 90 % des éléments d’un avion, s’inscrivant ainsi dans une économie circulaire.
Ce que dit le marché
Depuis sa création, TARMAC Aerosave a accueilli plus de 1 470 avions, a remis en service plus de 1 000 d’entre eux, et a démantelé plus de 360 avions et 190 moteurs. En 2019, l’entreprise a marqué l’histoire en recyclant un Airbus A380, exploit qui a permis de valoriser plus de 90 % de la masse de cet appareil colossal.
Le marché mondial du recyclage aéronautique est en plein essor, avec une valeur projetée de 13,2 milliards de dollars à l’horizon 2034, malgré certains défis économiques. Les prévisions tablent sur le remplacement d’environ 19 000 avions anciens dans les vingt prochaines années, générant près de 44,30 milliards d’euros en pièces réutilisables. Le renouvellement massif des flottes, poussé par les gains d’efficacité énergétique des nouveaux modèles, dynamise fortement ce secteur.








