Un bruit reconnaissable entre tous, une forme cylindrique et une consommation moyenne de 70 canettes par an par Français : la canette d’aluminium fait partie du paysage quotidien. Pourtant, malgré sa capacité à être recyclée à l’infini, elle n’est correctement triée qu’à 50 %. Pourquoi tout ce potentiel est-il gaspillé ?
L’aluminium : un super matériau mais pas assez utilisé
La canette d’aluminium est un « mono-matériau », ce qui la rend très facile à recycler. Elle domine les emballages utilisés, devant le recyclage du verre et juste derrière le plastique. En France, ce sont 4,7 milliards de canettes ouvertes chaque année, qui alimentent le marché mais ne rejoignent que pour moitié les bonnes filières de recyclage.
Le principal problème se situe hors du domicile. Anthony Montagne, coordinateur du projet « Chaque canette compte », interrogé par TF1 explique : « dès qu’on n’est plus à la maison, on n’a pas toujours accès à un dispositif de tri qui permette le bon geste ». Beaucoup ignorent encore que la canette est recyclable et qu’elle peut l’être à l’infini. Ces manques dans le système de tri continuent à nuire à son efficacité, soulignant l’importance des pratiques responsables.
Sensibiliser sur le terrain : des actions concrètes
Sur le terrain, des campagnes de sensibilisation essaient de pallier ces lacunes. Lors d’une opération menée par Anthony et son groupe de bénévoles sur le parvis de La Défense, ils ont installé une boîte en carton pour collecter des canettes. L’objectif est d’apprendre au public où déposer ces emballages : un passant raconte, « Je ne sais jamais dans quelle poubelle vraiment la mettre, donc maintenant je sais où », ce qui montre bien le besoin d’éducation environnementale.
Ce type d’initiative n’est pas isolé. Certains pays européens, comme l’Allemagne, gèrent mieux les déchets grâce à un système de consigne, illustrant une meilleure gestion des déchets. En revanche, la France reste en retrait par rapport à certains voisins.
Le recyclage en pratique : de l’usine au produit fini
L’équipe de TF1 a suivi le processus industriel de recyclage et constaté son efficacité. À l’usine Constellium de Biesheim, dirigée par Vital Beauvois, le cycle commence par la collecte et le compactage des canettes, puis la fusion à 750 °C pour obtenir de l’aluminium liquide. « La canette étant mono-matériau, c’est très facile à recycler, et l’aluminium ne perdra jamais ses qualités », précise le responsable.
L’aluminium liquide est ensuite moulé en énormes bobines de 10 tonnes. Ces bobines partent à l’usine Crown Bevcan de Custines, où chaque bobine sert à fabriquer 1 million de nouvelles canettes. Julie Dourville, directrice de l’usine, indique qu’ »on produit environ 6 millions de boîtes par jour« , chaque boîte contenant entre 65 % et 70 % d’aluminium recyclé.








