L’Arabie saoudite a annoncé une réévaluation majeure de ses ressources minérales, faisant apparaître une hausse impressionnante de 90 % par rapport aux estimations précédentes. La valeur actuelle des ressources minérales inexploitées du royaume est désormais estimée à 2 300 milliards d’euros, contre 1 196 milliards d’euros auparavant.
Cette annonce a été faite par Bandar Alkhorayef, le ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales, lors d’une conférence à Ryad et relayée par plusieurs médias dont La Tribune. Elle met en lumière le potentiel important du secteur minier pour diversifier une économie longtemps dominée par le pétrole.
Le secteur minier prend son envol
La réévaluation ne se limite pas à une simple hausse des chiffres : elle reflète aussi la multiplication des découvertes de minéraux comme les terres rares, le phosphate, l’or, le zinc et le cuivre.
Le développement du secteur minier est une priorité stratégique dans le cadre du programme de réformes Vision 2030. Selon Verisk Maplecroft, société de conseil en gestion des risques, le développement minier figure parmi les volets les plus réalisables de ce programme. Cette transformation vise aussi à attirer plus d’investissements étrangers et à réduire la dépendance du pays aux combustibles fossiles.
Pour soutenir la montée en puissance du secteur, le royaume a investi dans des infrastructures existantes, comme les chemins de fer, qui facilitent la logistique et la croissance minière. La dynamique est renforcée par la création de Manara Minerals, un véhicule d’investissement cofondé l’année dernière avec le fonds souverain saoudien et la société minière publique Maaden. En juillet, Manara a montré son ambition internationale en annonçant l’acquisition de 10 % de la société brésilienne Vale.
Les acteurs et les enjeux à l’international
Le Forum sur les minéraux du futur (FMF), qui s’est tenu à Ryad, a réuni des représentants de plus de 77 pays, signe de l’intérêt mondial pour le secteur minier saoudien. Parmi les participants notables figuraient des représentants des États-Unis, y compris Geoffrey Pyatt, secrétaire d’État adjoint aux ressources énergétiques.
Malgré cette atmosphère favorable, l’Arabie saoudite doit encore surmonter plusieurs obstacles pour transformer ces ressources en production rentable. Le secteur minier est complexe : les délais entre exploration et production finale peuvent être longs. Par ailleurs, des questions subsistent sur la crédibilité environnementale du pays et sur la stabilité régionale, qui pourraient freiner ses ambitions de devenir un hub majeur de raffinage des minéraux.








