Depuis des décennies, le climat mondial dépend en partie d’un vaste mécanisme océan‑atmosphère appelé ENSO, ou El Niño‑Oscillation australe. Ce cycle alterne entre trois états : El Niño, La Niña et une phase neutre, et joue un rôle majeur dans la régulation des températures globales. Pour 2026, les prévisions laissent apparaître une possibilité préoccupante : un retour d’El Niño pourrait non seulement bouleverser les régimes climatiques, mais aussi favoriser de nouveaux records de chaleur.
Le cycle ENSO : comment ça marche et ce que ça provoque dans le monde
En temps normal, les alizés poussent les eaux chaudes vers l’ouest du Pacifique tropical, vers l’Asie. Cela permet la remontée d’eaux plus froides le long des côtes sud‑américaines, ce qui stabilise les échanges d’énergie entre l’océan et l’atmosphère.
Quand les alizés faiblissent, la donne change : les eaux chaudes se déplacent vers le centre et l’est du Pacifique, libèrent davantage de chaleur dans l’atmosphère, perturbent les circulations d’air et créent des anomalies climatiques à l’échelle mondiale.
Ces effets ne se limitent pas au Pacifique. En Asie et en Asie du Sud‑Est, on peut voir des sécheresses persistantes. L’Australie et l’Afrique australe sont aussi susceptibles de connaître des périodes de sécheresse. À l’inverse, certaines zones d’Amérique du Sud, la Corne de l’Afrique et le sud des États‑Unis pourraient enregistrer des pluies plus abondantes.
À quoi s’attendre en 2026 : prévisions et incertitudes
Selon la NOAA, qui vient de publier sa dernière discussion diagnostique, il y a une probabilité de 50 à 60 % qu’un nouvel épisode El Niño survienne entre juillet et septembre 2026. Après un épisode La Niña relativement court, le Pacifique entre donc dans une période d’incertitude. Pour le printemps 2026, on attend une phase neutre, avec une possible transition vers El Niño à la fin de l’été, explique Paris Match.
Ces prévisions prennent d’autant plus de poids que l’année 2025 s’est déjà classée parmi les plus chaudes, malgré un faible épisode La Niña ; cela illustre la tendance de fond au réchauffement climatique qui amplifie les effets d’ENSO. Selon le météorologue Nat Johnson, les années El Niño ajoutent typiquement entre 0,1 et 0,2 °C à la température moyenne globale. Ce surplus pourrait donc contribuer à faire basculer une année vers un nouveau record de chaleur. « 2026 pourrait être une nouvelle année record si El Niño revenait », prévient Carlo Buontempo, directeur du service Copernicus.








