Même si la musique est accessible en un clic, le streaming n’est pas forcément la solution « verte » qu’on imagine souvent. Une étude récente de Greenly montre que les choses sont plus nuancées, surtout quand on regarde de près Spotify, leader mondial. La collecte des chiffres révèle en réalité un coût environnemental que beaucoup d’utilisateurs ne soupçonnent pas.
Une empreinte carbone en hausse
Les chiffres tombent comme un couperet : d’ici 2025, Spotify devrait générer 187.040 tonnes d’équivalent CO2, soit une augmentation de 67% depuis 2021. Cette progression s’explique en partie par la croissance phénoménale du nombre d’utilisateurs, qui passe de 406 millions en 2021 à 678 millions au premier trimestre 2025. En parallèle, le CO2 émis grimpe, passant de 112.000 tonnes à 187.040 tonnes sur cette période.
En moyenne, chaque utilisateur laisse derrière lui 276 grammes de CO2 chaque année, soit environ 1,04 gramme par heure d’écoute.
Les coulisses de la pollution numérique
Le streaming musical tire sa pollution principalement des serveurs, des centres de données et des réseaux de transmission. Ces infrastructures bouffent d’énormes quantités d’électricité, souvent produite à partir d’énergies fossiles.
Alexis Normand, directeur général et cofondateur de Greenly, le rappelle en disant : « La dématérialisation est souvent vue comme neutre en carbone. Mais derrière nos usages numériques se cachent des installations bien concrètes. ».
Streaming vidéo vs audio et nouvelles approches
Même si le streaming musical génère moins de CO2 comparé au streaming vidéo, les écarts sont considérables. Par exemple, une heure de vidéo peut émettre jusqu’à 55 grammes de CO2, soit plus de cinquante fois ce qu’après une heure d’écoute musicale. Pour mettre cela en perspective, une heure passée sur Netflix équivaut aux émissions d’une voiture de ville sur 300 mètres.
En 2024, Spotify a lancé des clips vidéo pour certains morceaux, accessibles uniquement à ses 268 millions d’utilisateurs premium. Si tous ces utilisateurs se mettaient au format vidéo, les émissions annuelles pourraient grimper jusqu’à 3,92 millions de tonnes de CO2 – multipliant par cinquante-deux l’empreinte du streaming audio sur la plateforme.
Le bilan global du streaming musical
Même si Spotify détient environ 32% du marché mondial du streaming musical, il ne représente que 23% de l’ensemble des écoutes. La facilité d’accès a boosté la consommation musicale dans le monde, en partie en remplaçant les supports physiques comme les CD ou les vinyles.
L’étude, publiée le 24 juin 2025, livre un paradoxe : le numérique a réellement supplanté les supports traditionnels, mais il n’est pas dénué de conséquences sur l’environnement. Cela nous pousse à y réfléchir et à repenser nos usages quotidiens face aux défis liés au climat. D’ailleurs, cette prise de conscience pourrait bien inciter des plateformes comme Spotify à revoir leurs pratiques tout en informant leurs utilisateurs sur ces enjeux.








