Le changement climatique n’est plus un concept environnemental, mais un facteur économique structurant. Le rapport Climate Risk Index 2026 de Germanwatch illustre cette mutation : les catastrophes naturelles ont causé sur trois décennies des pertes financières équivalentes à près de 4 500 milliards de dollars à la suite de plus de 9 700 événements climatiques majeurs.
Un coût économique global et durable du changement climatique
Le Climate Risk Index 2026 révèle une tendance lourde : les impacts du changement climatique génèrent un coût économique croissant et persistent sur plusieurs décennies. Entre 1995 et 2024, plus de 832 000 personnes ont perdu la vie, tandis que les pertes économiques directes dépassent 4 500 milliards de dollars. Les tempêtes concentrent à elles seules 58 % des pertes (soit 2 640 milliards de dollars), suivies des inondations et des sécheresses.
Ce risque est également asymétrique : selon le rapport, « les pays à faible revenu supportent une charge disproportionnée, avec des capacités d’adaptation limitées ». Huit des dix pays les plus touchés en 2024 appartiennent au groupe à bas ou moyen revenu de la Banque mondiale. Aucun pays à haut revenu ne figure dans le classement des dix plus affectés sur les trente dernières années.
Autrement dit, la vulnérabilité climatique est aussi une donnée économique. Les États les moins développés, dépendants de l’agriculture ou des matières premières, voient leurs indicateurs sociaux et financiers directement fragilisés par le coût du climat. Toutefois, les économies avancées ne sont pas indemnes : elles subissent l’effet de second ordre du changement climatique qui se traduit par des pertes indirectes pour les marchés et les entreprises.
Des inégalités sociales amplifiées par le risque climatique
Les données du rapport mettent en évidence une fracture sociale mondiale face aux effets du changement climatique. De 1995 à 2024, les pays les plus touchés sont la Dominique, le Myanmar et le Honduras.
En Dominique, les ouragans successifs ont provoqué des pertes cumulées de 3 milliards de dollars, soit l’équivalent de 270 % du PIB national après le passage de l’ouragan Maria en 2017. Au Myanmar, 55 événements climatiques ont entraîné 141 000 morts et 8,6 milliards de dollars de dommages. Le Honduras, quant à lui, a perdu 15 000 vies et 8 milliards de dollars de richesses, notamment lors de l’ouragan Mitch en 1998.
Ces chiffres rappellent que le changement climatique est aussi un multiplicateur d’inégalités. Les pertes matérielles affectent la santé, l’éducation et les revenus. En 2024, des pays comme le Tchad ou le Niger ont vu des millions de personnes déplacées à la suite d’inondations catastrophiques – respectivement 2 millions et 1,5 million d’habitants touchés – avec des pertes économiques de 380 millions et 225 millions de dollars








