Un vrai tournant pourrait se profiler dans l’aéronautique avec des prototypes électriques prometteurs qui visent à réduire la pollution et le bruit, tout en offrant une autonomie plus grande. Ces avancées sont particulièrement visibles à l’aérodrome d’Ancenis, en innovation écologique, et à l’aérodrome de Candillargues, près de Montpellier, où sont présentées des innovations exemplaires.
Ce qui se passe à l’aérodrome d’Ancenis
À l’aérodrome d’Ancenis, principal site d’observation, les prix des carburants flambent. Avec des coûts dépassant 3,00 € par litre pour l’essence AvGas 100LL et le kérosène Jet A-1, l’intérêt pour l’aéronautique électrique n’a jamais été aussi fort.
C’est là que Philippe Mercier, pilote depuis 1988, met en avant le planeur électrique Taurus electro, conçu par le constructeur slovène Pipistrel. Ce planeur, qui utilise un moteur électrique, marque une nette différence par rapport aux appareils thermiques traditionnels, explique Ouest France.
L’un des atouts du Taurus electro tient à sa propulsion électrique. Le moteur sert surtout au décollage ; une fois l’altitude idéale atteinte, il se coupe et l’appareil glisse silencieusement comme un planeur classique. Philippe Mercier explique : « Le moteur électrique sert pour le décollage. Puis, une fois que j’ai atteint la bonne altitude, je coupe tout et je vole en planeur pur. »
Le groupe de pression Collectif des usagers de l’aérodrome d’Ancenis, dont Gilles Courtois est coordinateur, soutient fortement cette technologie, rappelant qu’elle est « nettement moins polluante et moins bruyante » et qu’elle se répand « au gré des ascendances du moment » une fois le moteur coupé. En revanche, le poids de la batterie de 90 kg fait que cet appareil est classé dans la catégorie ULM (Ultra‑Léger Motorisé), ce qui entraîne des obligations réglementaires supplémentaires pour les pilotes, comme Mercier, qui a dû obtenir un brevet ULM.
Elektra Trainer : un prototype qui veut convaincre
Non loin de là, à Candillargues, le constructeur allemand Elektra Solar a présenté le prototype Elektra Trainer, un motoplaneur entièrement électrique. Affiché autour de 200 000 €, ce prototype reste cher, même si le constructeur espère faire baisser les prix à mesure que la production augmente.
Ce modèle se distingue par une autonomie estimée de 2 heures et demie, une nette amélioration par rapport aux appareils antérieurs qui ne pouvaient voler que 40 minutes à une heure. À Candillargues, Uwe Nortmann, pilote d’essai pour Elektra Solar, a réalisé des démonstrations lors d’événements organisés dans des aéroclubs. Alain Denis, pilote de planeur, présentait cet événement destiné à séduire les professionnels du secteur, comme les écoles de pilotage et les clubs ULM. La machine devrait être homologuée et disponible dès l’année prochaine pour les détenteurs de licences ULM après une formation spécifique.








