Des « écailles de dragon » sur Mars : le rover Curiosity vient de photographier une roche que les géologues de la Nasa n’avaient encore jamais vue

Des motifs en forme d’écailles découverts sur Mars par le rover Curiosity pourraient révéler des secrets sur le climat passé de la planète rouge.

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Des « écailles de dragon » sur Mars : le rover Curiosity vient de photographier une roche que les géologues de la Nasa n'avaient encore jamais vue
Des « écailles de dragon » sur Mars : le rover Curiosity vient de photographier une roche que les géologues de la Nasa n’avaient encore jamais vue © RSE Magazine

La planète rouge continue de livrer ses secrets grâce au rover Curiosity, la sentinelle de la NASA qui explore sans relâche la surface martienne. Sa dernière découverte est spectaculaire : un sol couvert de motifs polygonaux qui évoquent des « écailles de dragon », aussi étranges que fascinantes, rapporte Futura Science. Cette trouvaille attire beaucoup d’attention chez les scientifiques et ouvre de nouvelles pistes pour comprendre la géologie et l’histoire climatique de Mars.

Un sol qui ressemble à des écailles

En se dirigeant vers le petit cratère Antofagasta, d’un diamètre d’environ 10 mètres, Curiosity est tombé sur un sol parsemé de motifs en forme de polygones, parfois qualifiés de « nids d’abeille » ou de « plaques fracturées ». Ces motifs apparaissent sur un panorama pris par la Mastcam, enregistré comme sol 4867 et photographié le 13 avril.

Les images, créditées à NASA/JPL-Caltech/MSSS et traitées sous la direction de Kevin M. Gill, montrent une texture en relief qui rappelle des écailles de reptile. La disposition des polygones, qui s’étend sur plusieurs mètres, renforce cette comparaison. Les spécialistes scrutent ces clichés pour tenter de déterminer l’origine de ces processus géologiques uniques.

Cratère d’Antofagasta – Source : NASA

Comment ces motifs ont pu se former

Les motifs polygonaux observés par Curiosity ressemblent aux structures de dessiccation qu’on trouve sur Terre dans le lit d’un lac asséché ou dans un marais desséché. Plusieurs processus géologiques sont envisagés pour expliquer leur formation :

  • des cycles d’hydratation et de déshydratation ayant altéré la surface,
  • ou encore des cycles gel-dégel.

Une hypothèse propose que les « joints » des polygones se soient remplis d’un minéral plus dur, ce qui aurait laissé les parties argileuses plus fragiles être érodées en priorité par le vent. Ce phénomène d’érosion différentielle est bien connu et permet d’expliquer plusieurs curiosités géologiques, sur Mars comme sur Terre, par exemple les « fleurs minérales » observées par Curiosity ou les célèbres « champignons » du désert blanc en Égypte.

Ce que ça nous dit sur le climat de Mars

Ces structures polygonales ne sont pas que des curiosités visuelles : elles apportent des éléments précieux pour reconstituer les conditions climatiques passées de Mars, offrant des indices sur son climat ancien. Elles suggèrent l’existence de cycles liés à des variations d’humidité, ce qui signifie que la planète a connu des périodes moins arides qu’aujourd’hui. Cette découverte fait écho à des observations antérieures, notamment en 2017, lorsque Curiosity avait identifié des fentes de dessiccation dans le cratère Gale.

Comme le note Abigail Fraeman, scientifique au Jet Propulsion Laboratory de la NASA : « Nous avons déjà observé des roches présentant ce type de motifs polygonaux. Mais elles ne semblaient pas aussi abondantes, s’étendant sur des mètres et des mètres dans les mosaïques prises par Mastcam ». Cette observation promet d’enrichir notre compréhension des changements climatiques martiens et renforce l’idée d’une saisonnalité passée.

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