Les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont été présentés comme les plus durables de l’histoire récente. Parmi les objectifs affichés : réduire drastiquement l’usage du plastique dans les stades, les fan zones et les infrastructures. Selon un document consacré à l’héritage environnemental des Jeux, la quantité de plastiques à usage unique a été réduite de 52 % par rapport aux Jeux de Londres 2012, tandis que les bouteilles en plastique ont diminué de 70 %. Une performance notable dans un secteur où la consommation de plastique reste massive.
Ces résultats, mis en avant dans le rapport « Zéro plastique à usage unique – Sport » de l’association No Plastic in my sea, s’expliquent notamment par la mise en place de points d’eau, la promotion des gourdes réutilisables et la réduction de la vente de boissons en bouteilles plastiques. Mais au-delà de ces chiffres, l’expérience de Paris 2024 révèle aussi les limites et les défis d’une transition vers des événements sportifs plus sobres en plastique.
Le sport : un secteur fortement générateur de déchets
Les grands événements sportifs représentent un défi environnemental majeur. Des milliers, parfois des millions de spectateurs, consomment nourriture, boissons et produits dérivés dans un temps très court. Résultat : des volumes de déchets considérables.
Selon l’Agence de la transition écologique (ADEME), une manifestation sportive réunissant 5 000 participants peut générer environ 2,5 tonnes de déchets, dont une part importante est constituée de plastiques à usage unique. Gobelets jetables, emballages alimentaires, bouteilles ou objets promotionnels constituent l’essentiel de ce flux.
Dans ce contexte, la gestion des déchets – et surtout leur réduction à la source – devient un enjeu central pour les organisateurs. Elle est désormais perçue comme un critère de crédibilité et d’attractivité pour les événements sportifs, de plus en plus scrutés sur leur impact environnemental.
Hydratation : l’un des principaux leviers
La consommation de boissons représente historiquement l’une des principales sources de plastique dans les stades. Pour y répondre, les organisateurs des Jeux de Paris ont déployé plusieurs solutions : installation de fontaines à eau, encouragement à l’utilisation de gourdes et développement de gobelets réutilisables.
Cette stratégie, souligne l’association écologiste, a contribué à la forte baisse des bouteilles en plastique. Elle n’a toutefois pas été exempte de critiques. Certaines situations ont en effet révélé les difficultés logistiques du dispositif : dans certains cas, des gobelets réutilisables ont été remplis à partir de bouteilles en plastique, une incohérence largement relayée dans les médias.
Ces incidents illustrent un enjeu central de la transition écologique dans l’événementiel : la cohérence des chaînes logistiques. Remplacer un objet jetable par un objet réutilisable ne suffit pas si l’ensemble du système reste dépendant du plastique.
Restauration et merchandising : des sources persistantes de plastique
Au-delà des boissons, la restauration constitue un autre poste important de consommation de plastique. Barquettes, couverts, films d’emballage ou contenants alimentaires sont omniprésents dans les grands événements.
La réduction de ces matériaux suppose de repenser entièrement l’organisation de la restauration : recours à la vaisselle réemployable, limitation des emballages ou encore adaptation des menus. Ces solutions impliquent toutefois des contraintes logistiques importantes, notamment en matière de collecte, de lavage et de stockage.
Les goodies et objets promotionnels représentent également une source significative de plastiques à usage unique. Distribués en grande quantité pour promouvoir marques et sponsors, ils finissent souvent rapidement dans les déchets.
Le rapport de No plastic in my sea recommande ainsi de privilégier des objets durables, utiles et réutilisables, voire de réduire leur distribution. Une évolution qui suppose l’engagement des partenaires commerciaux et des sponsors, acteurs clés de l’écosystème sportif.
Vers de nouvelles règles du jeu
Pour pérenniser les avancées observées lors des Jeux de Paris 2024, plusieurs pistes sont évoquées dans le rapport : intégrer des critères environnementaux plus stricts dans les cahiers des charges des événements, mobiliser les sponsors et renforcer les exigences réglementaires. L’objectif est clair : transformer les expérimentations ponctuelles en standards durables pour l’ensemble du secteur sportif.
Car si les Jeux de Paris ont démontré qu’il est possible de réduire fortement l’usage du plastique, ils ont aussi montré que la transition reste fragile. Dans un monde où les événements sportifs attirent des foules toujours plus importantes, la lutte contre la pollution plastique est appelée à devenir un enjeu central de la durabilité du sport.








